Appel à projet : Lyon City Demain #PERRACHERETROUVÉ

Appel à projet : Lyon City Demain #PERRACHERETROUVÉ

Le FESTIVAL LYON CITY DEMA!N, créé en 2013 par l’association LYON DESIGN!, annonce sa 6ème édition. Ce festival des idées pour mieux vivre la ville, après le Grand Hotel Dieu, la Part-Dieu et Gerland, s’installera dans le quartier de La Confluence à Perrache du 20 au 25 juin 2019 avec pour signature : #PERRACHERETROUVÉ.

Le FESTIVAL LYON CITY DEMAIN propose aux métropolitains d’expérimenter in situ des projets de designers et donne l’occasion à chaque citadin, habitant et usager, d’oser, de se rencontrer et de participer aux changements de leurs espaces de vie en mutation. L’appel à projet de cette nouvelle édition propose aux designers de tester leurs visions de la ville de demain autour du Pôle d’Échanges Multimodal de Lyon-Perrache. Il les invite à en repenser les usages, afin de réconcilier les habitants, passants et voyageurs avec ce hub métropolitain. Cet appel à projet s’adresse à tous les créateurs français et étrangers, designers, architectes, urbanistes, scénographes, associations, collectifs, groupements, cabinets, bureaux d’études etc, qu’ils soient déjà dans la vie active ou encore étudiants. Le mieux-vivre en ville passe tout à la fois par une pédagogie de la ville de demain, l’implication des citoyens, la présentation d’options à expérimenter et l’acceptation du verdict de la rue. Le FESTIVAL LYON CITY DEMA!N permet ainsi à chacun de s’engager pour repenser la ville de demain et la rendre plus agréable.

En 2019, avec comme signature #Perracheretrouvé, l’appel à projet interpelle les designers pour que le regard sur ce site change. Celui ci verra notamment un Centre d’Echanges de Perrache réinventé pour rétablir un lien fort entre deux quartiers emblématiques de la ville jusqu’alors isolés : le Centre historique, La Confluence et la ville de demain encadrée par deux fleuves.

Les projets présentés dans le cadre de l’appel à projet devront appartenir à une ou plusieurs des trois catégories suivantes :

  • Mobilier urbain et micro architecture
  • Parcours pédagogiques
  • Services et numérique

Une fois la ou les catégories choisie(s), les participants inscriront leur création dans une ou plusieurs des trois thématiques suivantes : temporalité, résilience et fluidité

Les lauréats retenus seront accompagnés par les organisateurs dans toute la phase de conception puis de réalisation de leur projet. L’accompagnement permet au candidat de bénéficier du soutien de l’association et le partage de ses ressources de compétences pour ce qui concerne la communication, la technique et la recherche de partenaires. L’association LYON DESIGN! soutiendra financièrement chaque projet retenu à hauteur de 2 000 euros TTC, en complément des partenaires financiers privés.

DATES CLÉS DE #PERRACHERETROUVÉ :

  • 12 Septembre : Date limite d’envoi des dossiers de candidature
  • 17 Septembre : Réunion du comité de sélection
  • 24 Septembre : Publication des résultats de l’appel à projet
  • 12 Octobre : Journée d’accompagnement par les organisateurs avec visite des sites d’exposition et speed dating créateurs / partenaires
  • 11 Décembre : Réunion GO / NO GO de validation des projets en fonction de leur avancement, du budget prévisionnel actualisé et de la maquette ou version beeta du projet

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site de Lyon Design

 

Processus et pratiques, une biennale lyonnaise qui appelle à être re-visitée

Processus et Pratiques, une thématique qu’a choisi d’interroger la biennale de Lyon pour sa première édition. S’inscrivant dans un territoire métropolitain aux grands projets dynamiques tels que Lyon Confluence, Lyon Part-Dieu, Carré de Soie, La Duchère, la biennale interroge les processus de fabrication de l’architecture et de la ville et les pratiques alternatives et citoyennes qui la forgent. Tout du moins, ce fut sa motivation pour lancer un appel à idées en juin 2016, proposant aux candidats de produire des utopies « concrètes ». Derrière cet antonyme, se dresse la volonté de présenter des initiatives réalisables plutôt que des postures visionnaires.

 

« Agro-écosystème urbain » et « ré-générations »

Organisée dans la Sucrière, équipement culturel emblématique du quartier Lyon Confluence, et hors les murs, le lieu accueille une trentaine de projets sur près de 1700 m2, ainsi que des conférences, tables rondes, studio radio, sommet international, explorations urbaines… Cependant, à la suite de l’inauguration, on en retient qu’un ou deux projets marquants. Ainsi, à quelques mètres de la Sucrière, l’agence Fabrique et l’artiste Thierry Boutonnier transforme une friche en une parcelle cultivée, où poussent du lin et du chanvre. A l’intérieur, la récolte est stockée et transformée en matériaux de construction biosourcés, notamment en blocs de béton de chanvre.  Cette « agro-écosystème urbain » ramène la production agricole en ville. La très belle installation de Studio Akkerhuis ne passe pas non plus inaperçue. Ré-générations est un jeu de simulation urbaine qui plonge l’utilisateur dans l’imaginaire paradoxal de l’anthropocène. Inspirée directement du World Game imaginé par Richard Bukminster Fuller en 1960, l’installation interactive cherche à responsabiliser le joueur en lui donnant le choix entre différentes alternatives d’innovations durables ;  toute nouvelle construction, symbolisée par des éléments en bois, devra, selon son implantation (s’étaler dans le campagne ou densifier, s’installer en bord de rivière ou dans la zone d’activité…) impacter à minima la « date de dépassement planétaire ». Dans une deuxième phase, le joueur devra compenser l’impact négatif de son opération en mettant en place des innovations écologiques. Un SimCity taille humaine, en somme. Si le jeu est remarquable par sa plastique et sa technologie, ses règles semblent tout de même difficilement appréhendables par le grand public et les réponses auxquelles elles mènent apparaissent évidentes.

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Aire d’attente, agence Fabriques et Thierry Boutonnier
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Aire d’attente, agence Fabriques et Thierry Boutonnier
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Re-génerations, Studio Akkerhuis
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Re-génerations, Studio Akkerhuis

L’Atelier des Utopies, des projets en fabrique

Dans ce même Atelier des Utopies – dont le nom nous rappelle qu’il s’agit de projets en cours, et que le temps de la biennale est une étape intermédiaire, de commencement ou de l’aboutissement d’une démarche de recherche – s’installent d’autres projets qui testent les capacités mécaniques des matériaux, des constructions modulaires qui interrogent les spatialités de l’agora, des « heterotopia » alias des capsules futuristes qui accueillent les imaginaires des habitants, des recherches en cours sur les « îles blanches » de nos agglomérations où sur la réactivation des territoires de nuit… Un ensemble amené à évoluer et muter dans le temps cours de la biennale, au gré des intervenants et des utilisateurs, mais dont le potentiel ne peut être apprécié que si la biennale se visite en deux temps, à son ouverture puis avant sa fermeture.

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Qui es-tu brique ? Amàco
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Territoires de nuit, AWP
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Hétérotopia, What Time is I.T.
les iles blanches_0101_biennale lyon
Les îles blanches, 0101

 

Amélie Luquain H.

 

 

Rue royale : un internat au Forum Bois

L’internat du Lycée d’Enseignement Technologique et Agricole (LEGTA) André Paillot à Saint-Genis Laval, près de Lyon, a été sélectionné lors du 6e Forum International Bois Construction qui s’est tenu à Lyon mi-avril. Livré en juillet 2015 par l’agence lyonnaise rue royale architectes, l’internat comprend 96 lits et ses espaces d’accompagnement (foyer, salles collectives de travail et appartement de fonction), l’occasion de revenir sur ces chambres avec vue*.

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L’internat est le dernier morceau du puzzle architectural d’un vaste ensemble bâti situé dans une campagne agricole. Ici, l’ancienne ferme a été agrandie dans les années 70 pour accueillir les locaux d’enseignement et de recherche. Vingt ans plus tard, des laboratoires de recherche agroalimentaire de type locaux industriels ont été construits sur la périphérie de la parcelle. Ainsi, l’internat vient compléter le bâtiment d’enseignement de 250 élèves, formé de plusieurs entités hétérogènes sur le Domaine du Coin (75000 m2).

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Plan masse

L’internat est divisé en trois entités de bois ; deux d’entres elles s’étirent d’est en ouest, tandis que la troisième, perpendiculaire, les relie.

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Plan RDC
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Plan d’étage courant

Le corps principal en R+2 domine le site. Il accueille les chambres, ainsi que les logements de fonction à son extrémité ouest. Orientées plein sud et protégées du soleil d’été par des « étagères à lumières » fixes, les chambres forment des modules de 30 m2, où intimité et convivialité se mêlent. Elles comprennent trois lits simples séparés par des armoires, des bureaux en alignement et un bloc sanitaire avec une douche et deux lavabos. Les circulations communes, en façade nord, sont éclairées naturellement par des baies horizontales positionnées à hauteurs variables, offrant des vues différenciées sur le vaste paysage.

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Les « étagères de lumière » protègent les chambres du soleil d’été

 

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Une chambre, unité de référence de 30 m2

Le foyer est implanté dans le second bâtiment, au rez-de-chaussée. Profitant d’une triple exposition, il termine de cadrer la Place du lycée.

Le troisième volume, quant à lui, sert d’accroche entre les deux précédents, tant dans sa volumétrie que dans sa fonction. En effet, il comprend les pièces de service, les salles de travail et les circulations verticales.

A proximité, un ancien hangar à colonnes de pierres réhabilité en préau ferme la parcelle.

internat_rue royale_trois-entités

Structurellement, les bâtiments se différencient à nouveaux. Le premier, celui qui regroupe les chambres, est construit à partir d’un système poteaux/poutres en béton, avec des points porteurs tous les 8,50 m en façade. Celles-ci comprennent des panneaux de bois et sont revêtues de clins en mélèze, dont le jeu renforce la dichotomie de ce premier volume. Au nord, l’horizontal est de rigueur, assumé par les lames de bardages et les fenêtres en bandeau. Au sud, les clins verticaux sont plus ou moins espacés, associés à un pare-pluie coloré. Le second bâtiment, accueillant le foyer, est construit en portiques de lamellées-collés reposant sur des fondations et dalles béton. Les clins, eux, se retournent en toiture, valorisant la vue depuis les chambres.

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Au nord, l’horizontal est de rigueur
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Les clins espacés sont soutenus par un pare pluie coloré

Enfin, des failles piétonnes séparent l’ancienne maison de maître des nouvelles constructions et des courées jardinées offrent une alternative au grand paysage environnant.

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Une venelle piétonne sépare l’ancienne constructions des nouvelles

*Les architectes font référence au film Chambre avec vue de James Ivory (1986)

Amélie Luquain

 

Quelques chiffres :

– 1 000 m² de bardage plein en mélèze

– 20 000ml de carrelets mélèze

– 32 m3 de bois d’ossature pour les murs

– 20 m3 de bois lamellé-collé

– 750 m² de Stamisol color

– 3 300 m² d’isolant

 

Maîtrise d’ouvrage : Région Auvergne Rhône-Alpes. Maîtrise d’œuvre : rue royale architectes. SHON : 2 014 m2. Coûts : 4M € HT. Réception : juillet 2015

 

Courtesy rue royale architectes / Studio Erick Saillet

Le New Deal, ancien garage Citroën, lauréat du Grand Prix SIMI 2015

Le New Deal, ancien garage Citroën, lauréat du Grand Prix SIMI 2015

SUD Architectes et ses partenaires 6e Sens Immobilier et Alep Architectes ont été récompensés dans la catégorie Immeuble Rénové du dernier SIMI (Salon de l’immobilier d’entreprise), pour la reconversion du Garage Citroën de Lyon. Rebaptisé New Deal, il a été construit entre 1930 et 1932 par l’architecte Maurice-Jacques Ravazé, Jean Prouvé et André Citroën, et inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1992. Long de 135 mètres, large de 52, il était considéré comme la plus grande station-service du monde.

Le New Deal, ancien garage Citroën, à Lyon. Photo Régis Bouchu
Le New Deal, ancien garage Citroën, à Lyon. Photo Régis Bouchu

Les 31 500 m² répartis sur six niveaux conservent au rez-de-chaussée la concession Citroën. Le hall d’honneur a été ré-agencé comme à l’origine, la dalle posée en 1971 a été supprimée, pour lui redonner toute sa hauteur sur trois niveaux.

Garage Citroën, à Lyon
Garage Citroën, à Lyon. Photo

Les étages supérieurs ont été reconvertis en bureaux avec la création de patios pour faire rentrer la lumière. Au troisième, le groupe INSEEC a installé son campus sur un plateau de 4500 m2.

Le New Deal, ancien Garage Citroën, à Lyon
Le New Deal, ancien Garage Citroën, à Lyon. Photo Erick Saillet

Les 4e et 5e sont agrémentés d’un jardin d’hiver ainsi que de trois séries de loggias superposées, créées dans le brisis du toit en zinc, unique modification extérieure autorisée par la Conservation des Monuments historiques.

Le New Deal, ancien Garage Citroën, à Lyon. Photo Guillaume Perret
Le New Deal, ancien Garage Citroën, à Lyon. Photo Guillaume Perret

Ce projet a nécessité un investissement total de 38,4 millions d’euros et l’intervention de 21 bureaux d’études, de huit architectes (dont trois architectes des Bâtiments de France), la permanence sur le chantier de sept ingénieurs et le savoir-faire de 250 personnes. Le chantier a été réalisé en 21 mois.

Astrid Avédissian

Lyon Shop & Design

Lyon Shop & Design

De plus en plus, petits et grands commerces font appel à des architectes et designers pour rénover l’intérieur et l’extérieur de leur espace marchand, dans une optique d’amélioration de la vente par la mise en scène des produits. Si les restaurants et boutiques de mode sont des pionniers dans le domaine, les métiers de bouche tels que les boulangeries et boucheries rivalisent de créativité pour se démarquer. Ainsi, inspiré par une démarche originale de la ville de Montréal, et porté depuis 2004 par la Chambre de Commerces et d’Industries de Lyon, le concours Lyon Shop & Design remercie des binômes commerçants/architectes pour la qualité de leur réalisation, et pour leur démarche créative. 101 dossiers de candidatures ont été déposés en 2015. 15 finalistes sont élus par un jury qualifié présidé par Bertrand Barré du Groupe ZEBRA, qui sera accompagné du vote du public pour élire les 5 lauréats le 11 juin. En attendant la remise des prix, vous pourrez vous balader dans les arrondissements de Lyon et y découvrir les différents finalistes. Parmi eux, La Fromagerie Lumière et Fabrice Bonnardel, qui dans un espace de moins de 20m² favorise la convivialité par la vente en avant, tout en repensant astucieusement les frigos et en intégrant à la mise en scène les grilles de ventilation. A voir aussi l’opticien Entrevues et Arnaud Trimaille, où artisanat et savoir faire sont tout en présence à travers boiseries et feuilles d’or dénotant un style chic et ancien. Quant au tandem que forment la boutique-café La Bicycletterie et Christophe Millet, ils vous feront jouir d’une mise en cohérence des deux activités, privilégiant des matériaux bruts pour refléter l’esthétisme rétro des produits. Egalement, vous pourrez profiter des festivités. L’espace public sera investit par les animations et affichages urbain à partir du 18 mai. Les finalistes des dix années précédentes sont invités à participer. Plus qu’un concours, Lyon Shop & Design est un véritable observatoire. Il est révélateur de l’évolution des commerces et du tissu marchand de la ville, et montre l’essor des quartiers et le développement économique de Lyon.