Patrick Bouchain et l’architecture H.Q.H…

Patrick Bouchain et l’architecture H.Q.H…

H.Q.H : Haute Qualité Humaine.

 

Patrick Bouchain est un architecte, scénographe français. Né le 31 mai 1945 à Paris, il étudie les Beaux-Arts dans la capitale. Il commence sa carrière en tant qu’enseignement. Dans un premier temps il est professeur à l’école Camondo à Paris, puis à l’Ecole des Beaux-arts de Bourges. En 1981, il crée Les Ateliers – École nationale supérieure de création industrielle ( ENSCI ). Cette école encadre tous les champs de la création industrielle et du design de produit. Autant l’espace, la communication, les services ou le design numérique.  Rapidement, il développe un sens critique qui surprend. Il s’intéresse tout particulièrement à la politique, au sens large de sa signification : La cité, les citoyens, le peuple.

 

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©Julie Balagué

 

Il commence à construire alors qu’il a déjà 40 ans, après avoir mûri ses convictions durant des années. Ce temps de réflexion lui a également permis de comprendre les besoins des français, afin de s’investir pleinement dans des projets qui ont du sens. Son attrait pour la pédagogie pendant ses années d’enseignement lui permet d’être à l’écoute des habitants et occupants des lieux qu’il transforme. Patrick Bouchain accorde une part très importante à la participation active des citoyens, et à la défense de l’intérêt général, bien avant ses propres intérêts. Ces valeurs ci sont présentes aussi bien dans ses théories et ses réflexions lors de la phase de conception, mais également au cours des chantiers qu’il supervise. De toute manière, la conception d’un projet signé Patrick Bouchain ne se fait pas sans concertation ! Sa personnalité humble l’emmène loin de la carrure d’une starchitecte. Il se met en retrait afin de livrer des projets où l’humain occupe une part prépondérante.

 

Réunion avec les habitants des logements réhabilités de Roubaix
Photo : Sébastien Jarry

 

En 2016, Patrick Bouchain publie « Pas de toit sans toi », ouvrage dans lequel il explique la manière dont il a géré la participation citoyenne lors de trois chantiers : un à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-calais), un autre à Tourcoing près de Lille et le dernier à Beaumont (Ardèche). Ouvert et favorable aux échanges avec les habitants, il prend le temps d’expliquer ses interventions et le déroulé du projet et du chantier. Il milite pour une architecture engagée, autant sur le plan humain, économique et culturel.

Il est reconnu pour avoir réhabilité de nombreux lieux industriels en espace culturel. C’est le cas de La Condition à Roubaix, ou encore du Magasin de Grenoble. Ses chantiers surprennent par leurs interventions. Il n’est pas rare que les équipes de son agence viennent habiter les lieux quelques semaines, qu’ils installent une architecture temporaire pour accueillir les occupants, ou qu’il organise de grands repas entre ouvriers, architectes et habitants.

 

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La condition – Roubaix © La condition
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Espace muséal – Le magasin, Grenoble
Photo : Blaise Adilon.

 

Le parcours de Patrick Bouchain n’est pas des plus ordinaires. Il se nourrit d’expériences et de fragments de vie, afin de construire une architecture qui répond au plus près aux attentes des occupants. Une humilité qui surprend, mais qui semble parfois nécessaire de rappeler, dans un monde qui court souvent après l’argent et le succès, parfois au détriment des projets architecturaux.

Réinventer Montréal

Réinventer Montréal

3 Mars 2018 : Montréal n’est pas couchée, quand les montréalais remixent leur ville le temps d’une soirée pour composer la métropole de leurs rêves.

Le week-end prochain, Montréal célèbrera la 15e édition de sa Nuit blanche sur le thème (re)mix. La nuit la plus attendue de l’année attire quelque 300 000 noctambules venus vivre une expérience urbaine exceptionnelle grâce à des activités réparties à travers la ville. Présenté en collaboration avec le Casino de Montréal, l’évènement se déroule chaque année durant le célèbre festival Montréal en Lumière. Fondé en l’an 2000, Montréal en Lumière est devenu au fil des ans un des plus grands festivals d’hiver au monde, enregistrant chaque année un million de visites de festivaliers venus vivre pleinement l’hiver montréalais par le biais d’une programmation inusitée qui allie arts de la scène, gastronomie et activités familiales extérieures gratuites, sans oublier une Nuit blanche de découvertes et de folies.

Réinventer Montréal
Nuit blanche à Montréal 15e édition

Cette année, le comité jeunesse d’Héritage Montréal propose aux participants de réinventer Montréal le temps d’une nuit. Formé en 1975, cet organisme privé sans but lucratif œuvre à promouvoir et à protéger le patrimoine architectural, historique, naturel et culturel des quartiers et communautés de Montréal. Au cœur d’un vaste réseau de partenaires, Héritage Montréal agit par l’éducation et la représentation pour faire la promotion de l’intégration harmonieuse et dynamique des dimensions patrimoniales, environnementales ou sociales dans un modèle de développement urbain qui en assure la viabilité économique autant que la durabilité culturelle.

 

Réinventer Montréal
© Héritage Montréal

Durant cette nuit tous les rêves seront permis à la Maison de l’architecture du Québec (MAQ). Catalyseur de créativité architecturale depuis 2001, la MAQ est un centre d’artistes autogéré qui agit pour le développement d’une culture de l’architecture au Québec et au Canada, en lien avec ses praticiens actifs ici et aujourd’hui, par le biais d’expositions, de laboratoires, de publications, d’ateliers, de débats et d’activités éducatives. Ce lieu, unique du genre au Canada, a pour mission de stimuler et diffuser la création et la réflexion touchant aux disciplines de l’architecture, de l’architecture de paysage et de l’urbanisme. 

C’est à travers la réalisation d’un collage imaginé sur un dispositif lumineux et la mise en scène de divers éléments architecturaux et d’édifices iconiques à Montréal, que les noctambules concevront leur ville fictive. Entre imaginaire et réel, le projet se développera autour de 4 secteurs :

  • Le Jardin botanique et le Parc olympique
  • Les plex du Plateau Mont-Royal
  • Le complexe Desjardins et ses environs
  • Le secteur de la brasserie Molson
Réinventer Montréal
© June Barry / Boycott Visuals

Cette installation interactive, outre son caractère ludique et artistique, s’inscrit dans une démarche de participation citoyenne comme outil de fabrication des métropoles de demain. Dans un monde de plus en plus urbanisé, il est intéressant de noter que les citoyens expriment une réelle volonté à s’impliquer dans la prise de décision pour l’aménagement territorial et urbain de leur milieu de vie. Une consultation publique qui peut s’appuyer sur différents supports comme ici celui d’un festival.

« Dans un processus d’urbanisme participatif, les activités proposées vont permettre d’informer et de consulter les citoyens, mais il faut aussi leur permettre de participer afin d’influencer les idées développées ou le diagnostic pour un secteur. Faire participer, c’est plus qu’informer et recueillir des réactions. Il existe plusieurs occasions de participation que vous pouvez offrir aux citoyens », précise Odile Craig, chargée de projets et développement pour le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM).

Réinventer Montréal
Archifete (MAQ)

L’approche participative favorise le dialogue et l’interaction productive entre les experts de l’aménagement et l’expérience vécue des citoyens. Une perception qui permet de compléter les informations techniques des professionnels et ainsi favoriser la pérennité du projet à long terme. De plus en plus, la question de la durabilité des villes et des métropoles se retrouve associée à l’intervention collective. En Amérique du Nord, la participation publique est pensée comme un instrument de mise en oeuvre de ce développement urbain pour une croissance intelligente. Une approche collaborative qui conçoit la planification urbaine comme un processus d’interactions avec la volonté d’intégrer au maximum les impératifs des usagers. Dans ce genre de démarche, les activités proposées doivent offrir aux participants la possibilité d’avoir une réelle influence sur les idées développées mais également sur la prise de décision.

Dans le cadre de la Nuit blanche, Montréal rend ainsi un bel hommage à la participation citoyenne avec l’objectif d’amener les participants à se rassembler pour créer un rêve commun. Espérons que la créativité de nos homologues québécois fera émerger des villes fictives plus inspirantes que jamais pour nos métropoles de demain.