Álvaro Siza et le régionalisme critique

Álvaro Siza, de son vrai nom Álvaro Joaquim de Melo Siza Vieira est un architecte portugais, né non loin de Porto, à Matosinhos, le 25 juin 1933.  Pritzker Price en 1992, il est une figure de l’architecture contemporaine portugaise, tout comme son confrère Eduardo Souto de Moura, avec qui il collabora en 1980 pour la réalisation du Pavillon du Portugal de l’Expo 98′ à Lisbonne, et en 2000 pour celui de l’Expo 2000 à Hanovre.  Plus récemment, il est à l’origine d’une chapelle autosuffisante dans le sud du Portugal.

 

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Portrait de l’architecte Álvaro Siza

 

Il étudie la peinture et la sculpture à l’école supérieure des Beaux-Arts de Porto, dont il sort diplômé en 1955. À 22 ans, son choix se porte alors sur l’architecture. A travers la manière dont il pense et réalise un projet, la peinture et la sculpture ne sont jamais très loin. Il en tire son amour pour le dessin et la matérialité. Par la suite, il collabore avec différents architectes avant de créer son propre atelier, qui siège aujourd’hui à Porto. Álvaro Siza accorde beaucoup d’importance aux rencontres, qu’il estime être source d’inspiration. Entouré d’une vingtaine d’architectes, il aime confronter son point de vue à celui d’autres individus, qu’ils viennent ou non du monde de l’architecture.

 

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Pavillon du Portugal lors de l’Expo 98′ de Lisbonne

 

Álvaro Siza est à l’origine du régionalisme critique. En effet, il se nourrit de l’architecture et des savoir-faire locaux ainsi que de l’artisanat portugais pour concevoir ses projets. Ensuite, il les combine à une architecture moderne, aux lignes épurées, dont le blanc est la couleur dominante. Le dessin et les croquis qu’il réalise sur site ou à l’atelier sont primordiaux dans son approche du projet. Il porte un regard attentif à l’analyse du site et à la topographie du lieu.

 

Salon de Thé Boa Nova

 

C’est d’ailleurs ainsi qu’il réalise son premier projet : la Maison de Thé Boa Nova, à Matosinhos. Celle-ci s’intègre au sein même de la roche qui borde le site de projet, tout en offrant des vues imprenables sur l’Océan. En 1993, il réalise l’école d’architecture de Porto. Projet phare de l’architecture, c’est l’un des trois ensembles universitaires qu’il réalisera. Formé de petits pavillons, chaque ensemble est connecté par des souterrains ou des passerelles.

 

Álvaro Siza est un architecte qui n’a pas de style préconçu à proprement parler. Il va puiser son inspiration à travers croquis et visite de site et s’appuie sur les savoir-faire locaux pour concevoir un projet. Il fait partie des architectes qui mesure la matière : il utilise à bon escient et de manière juste, de sorte qu’elle ne soit ni trop, ni trop peu mise en oeuvre.

Eduardo Souto de Moura, l’architecte contemporain portugais !

Né en juillet 1952 à Porto, Eduardo Souto de Moura est un architecte portugais contemporain. Il est aujourd’hui également professeur à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Porto. En 2011, son travail de qualité est récompensé par l’obtention du Pritzker Price.

 

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Portrait de l’architecte Eduardo Souto de Moura
© Columbia GSAPP via VisualHunt / CC BY
De manière très pragmatique, ses premières réalisations sont faites en pierre, matériaux local et peu onéreux. Mais il semblerai que l’attrait pour la pierre vienne, de manière peut être intuitive, du domaine de la sculpture, qu’il étudie durant sa jeunesse. A la suite de son diplôme, il va côtoyer plusieurs architectes, dont le Pritzker Price 1992, Alvaro Siza, pour qu’il y travaillera durant cinq ans. En 1980, Eduardo Souto de Moura crée sa propre agence d’architecture à Porto. Ces premiers projets sont principalement des maisons individuelles puis, ils prennent de l’ampleur, allant jusqu’à la réalisation du stade de la ville de Braga, en 2003.

 

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Musée Paula Rêgo, réalisé en 2008 au Portugal

 

La plupart de ses projets sont réalisés dans son pays natal, le Portugal. L’architecte met un point d’honneur à résoudre des problématiques grâce à une architecture simple. Il attribue cela à une philosophie qu’il tire la culture de son pays.  Bien qu’il fût très rapidement attiré par la pierre, matériau local, il s’adapte cependant aussi à l’évolution du marché, travaillant aujourd’hui par exemple avec du fer, du verre ou encore de la brique. Il apprécie la rigueur tout en conservant une part de ce qu’il qualifie de « marge de manœuvre », qu’il pense être la solution sine qua none pour la réussite d’un projet.

 

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Edifício Cantareira, réalisé en 2013 à Porto, Portugal.

 

Il fait du mur un élément phare de ses projets. Au delà d’une réalité constructive très concrète, il devient un élément dont il joue pour créer des espaces plaisants et de qualité. Il aime cette part d’incertitude qui le guide lorsqu’il travaille les matières, les textures et les couleurs. Au fil du temps, ces paramètres ne peut pas forcément tous être contrôlés, tout comme le devenir d’un projet. Difficile de prévoir s’il sera bien reçu par le public. Mais cela ne semble pas perturber l’architecte !

Wang Shu, quand la tradition chinoise rencontre l’architecture contemporaine

Les architectes chinois Wang Shu et Lu Wenyu sont à l’honneur durant tout l’été au Centre Culturel arc en rêve, situé à Bordeaux. L’exposition retracera leur travail, d’ailleurs récompensé en 2012 par le Pritzker Price. Leur atelier Amateur Architecture Studio s’attache à élaborer des projets alliant la culture chinoise et l’architecte contemporaine, tout en se tenant éloigné de l’univers des architectes internationaux.

Portrait de l’architecte Wang Shu

 

Autodidacte, il n’hésite pas à travailler comme ouvrier dans le domaine de la construction pour connaitre les dessous du métier d’architecte. A la sortie de la China Academy of Art, il travaille durant deux ans avant de se lancer dans l’aventure d’architecte indépendant. En homme littéraire, il lit beaucoup et se renseigne sur l’architecture occidentale. Il voyage également à travers la chine, pour découvrir la culture chinoise dans toute sa richesse.

 

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exposition Wang Shu, Lu Wenyu, arc en rêve centre d’architecture ©Rodolphe Escher

 

En 1997, il crée Amateur Architecture Studio, accompagné de sa femme architecte, Lu Wenyu. Ils s’installent dans la ville de Hangzhou, non loin de Shanghaï. Il s’agit bien d’un atelier, et non d’une agence, que le couple souhaite mettre en place. Ils favorisent le développement de projets en collaborations avec des « amateurs », des personnes certes non diplômées en architecture, mais dont la légitimité à produire une architecture humaine et sensible n’est en rien ébranlée. Petit à petit, l’atelier expérimente et réalise des projets de plus grandes envergures, allant jusqu’à travailler à l’échelle urbaine.

 

Dans un pays où tout se développe à vitesse grand V, Wang Shu et Lu Wenyu s’éloignent de ces processus de construction rapide, et préfèrent prendre le temps d’analyser, de s’approprier les lieux, afin d’y développer des projets où l’homme et l’environnement ont toute leur place.  Ils refusent l’architecture commerciale, le tape-à-l’oeil international et soutiennent l’authenticité face au monde du business.  Ils ont la volonté de faire vivre le patrimoine traditionnel chinois, et non l’enfermer dans un écrin doré. Wan Shu est très attachée à la transmission de cette pensée. Après avoir été professeur à la China Academy of Art, il en est aujourd’hui le doyen du département d’Architecture.

 

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Campus Universitaire Xiangshan, à Hangzhou

 

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Campus Universitaire Xiangshan, à Hangzhou
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Ningbo Tengtou Pavillion

 

Parmi leurs réalisations, une seule a été réalisée au delà des frontières chinoises. Il s’agit de l’intervention de l’atelier pour la Biennale de Venise en 2006. En Chine, ils réalisent entre autre le campus Xiangshan, le Pavillon Ningbo Tengtou ou encore la librairie du Collège de Suzhou. Une idéologie qui promeut une réflexion plus profonde pour une exécution rapide, et qui ne nie pas ses origines culturelles mais les associent habillement avec l’architecture contemporaine. Un exemple à suivre !

Renzo Piano, l’architecte italien contemporain !

Renzo Piano marque l’actualité française avec l’ouverture au public du Tribunal de Grande Instance de Paris, pour lequel il remporta l’année dernière, l’Equerre d’Argent 2017.  L’occasion de revenir sur le parcours de cet architecte italien, né à Gènes en septembre 1937. C’est également un homme politique, puisqu’il siège au Sénat italien. Enfant, il grandit dans une famille de constructeurs, et c’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études d’architecture à l’Ecole Polytechnique de Milan, dont il sortira diplômé en 1964.

 

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Portrait, extrait du documentaire « Conversations with Renzo Piano » – folchstudio

 

Il voyage beaucoup dans le monde anglophone, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Au prémisse de sa carrière, il crée successivement deux agences : Piano & Rogers, puis l’atelier Piano Rice. C’est avec la première qu’il remporte le concours du Centre Pompidou à Paris. Ce musée national, commandé par le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou, fera entrer l’architecte dans une nouvelle dynamique de projets à grande échelle.

 

Aujourd’hui, son agence Renzo Piano Building Workshop est présente à l’international. Les 130 employés sont répartis sur les trois pôles de l’agence : à Paris, Gènes et New York. Un positionnement mondial qui lui permet d’être à l’origine de 120 projets à travers le monde, aussi bien en Europe, en Amérique ou en Asie de l’Est. Pritzker Price 1998, Renzo Piano a longtemps été inspiré par le travail de Jean Prouvé. Son amour pour les matériaux bruts, ainsi que la transparence et la vérité avec lesquels il les utilise, peuvent expliquer le caractère surprenant du Centre Pompidou, qui ne cachent en rien ses éléments techniques.  Dans ses projets, il aime mettre en valeur la réalité constructive qu’il laisse visible, et ne pas cacher ce qu’il est, finalement, la « face obscure » de beaucoup de projets.

 

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Centre Culture Tjibaou
Nouméa, Nouvelle Calédonie
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Centre Pompidou, Paris

 

Il fait cependant toujours attention à intégrer les bâtiments dans le contexte du projet, comme le montre le Centre Culturel de Tjibaou. Il s’inspire de l’architecture vernaculaire et des cases locales pour concevoir ce projet. A cheval entre vérité architecturale et prise en compte du contexte, les réalisations de Renzo Piano ne se ressemblent pas ! Il travaille les moindres détails de chaque échelle du projet et de chaque étape de construction de celui ci. Il est capable de travailler sur des volumes complètement différentes, comme le montrent ses récentes réalisations : le petit Pavillon au Château La Coste dans le Vaucluse et l’immense Tribunal de Grande Instance de Paris. Près de 120 000 m² séparent ces deux projets, et pourtant, chacun des deux semblent être aboutis de la même manière.

 

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Pavillon au Château La Coste
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Tribunal de Grande Instance de Paris

 

 

Petez Zumthor : pour une architecture sensible !

Peter Zumthor est un architecte suisse, né en avril 1943 à Bâle. Fils d’ébéniste, il entreprend un apprentissage au côté de son père, avant d’étudier à la Schule für Gestaltung, une école d’arts appliqués qui tire sa pédagogie du courant du Bauhaus. Enfin, il part à New York suivre des études en design industriel, au Pratt Insitut. Installé dans les Alpes Suisses, l’architecte se démarque par le peu de projets qu’il réalise, mais dont la justesse surprend toujours !

 

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A son retour en Suisse, il est dans un premier temps responsable de la Conservation des Monuments historiques du canton des Grisons, période durant laquelle il analyse la matérialité et les types de construction de nombreux bâtiments. En 1979, il ouvre sa propre agence. Celle-ci se trouve au fond d’une vallée, dans les Grisons en Suisse. A Haldenstein, il s’installe dans l’atelier d’architecture qu’il se construit en 1985. Au delà de la conception constructive de ses réalisations, il tient tout particulièrement à créer une architecture juste, et à transporter le visiteur dans des atmosphères particulières. Dans ses projets, sensibilité, poésie et humilité sont au rendez-vous.

 

Loin des projecteurs de la scène internationale dont il reste en retrait, il soutient une architecture plus lente. Il aime prendre le temps d’analyser le site, de s’en inspirer pleinement, quitte à faire fuir certains clients. Il veut étudier plusieurs possibilité, notamment avec un travail de maquette très poussé.  Il pose un regard attentif sur l’artisanat et le savoir faire local, qu’il essaie toujours de faire intervenir dans ses réalisations. Il ne réalise que très peu de constructions – une trentaine en quarante ans – , et se tient toujours éloigné des grosses métropoles et des structures XXL qui fleurissent à vue d’oeil.

 

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Chapelle Ste Bénédicte – Sumvitg
Photos : Felipe Camus
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Chapelle Ste Bénédicte – Sumvitg
Photos : Felipe Camus

 

Parmi ses réalisations, on note la construction des Termes de Vals, entre 1986 à 1996, qui lui permet d’être reconnu à une échelle internationale. Avant cela,  il réalisait la Chapelle Ste Bénédicte à Sumvitg, un petit village de 1300 âmes, à plus de 1000 m d’altitude. En 2007, Petez Zumthor fait une exception à ses constructions suisses pour réaliser le Kolumba Museum, à Cologne, Allemagne. Il y met en valeur une ancienne petite chapelle, et les ruines qui l’entourent, tout en construisant des espaces d’expositions. En 2009, il reçoit le Pritzker Price, pour son travail « modeste et sans compromis ». Il est alors fier d’être récompensé, bien que n’ayant jamais reçu de formation spécifique dans le domaine de l’architecture !

 

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Thermes de Vals – Peter Zumthor
© Fernando Guerra | FG+SG
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Kolumba Museum – Peter Zumthor
© Anders Sune Berg
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Kolumba Museum – Peter Zumthor
© Anders Sune Berg

 

Frank Lloyd Wright, l’architecte qui conquit l’Amérique

Frank Lloyd Wright est un architecte américain qui compte plus de 500 réalisations à son actif. Né le 8juin 1867 dans le Wisconsin aux États-Unis, il s’éteint en avril 1959, dans l’Arizona, à l’âge de 91 ans. Il est notamment connu pour la Maison sur la Cascade (Fallingwater House) et la réalisation du Musée Solomon R. Guggenheim à New York.

 

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Le jeune Frank Lloyd Wright débute sa carrière en tant que dessinateur technique à Chicago. En effet, dans la ville dévastée par l’incendie de 1871, les projets ne manquent pas et de nombreux cabinets d’architecture recrutent de petites mains. Il apprend donc sur le terrain, aux côtés de plusieurs architectes, mais sa collaboration avec Louis Henry Sullivan le marque tout particulièrement. En 1893 et après six an de travail auprès de l’agence Adler and Sullivan, il démissionne pour pouvoir lancer sa propre activité et construire ses propres réalisations.

 

Maison sur la Cascade
Frank Lloyd Wright

 

Il apporte un soin très particulier à intégrer les projets dans leur environnement. Lors d’un voyage au Japon, il est tout particulièrement touché par la culture architecturale nippone. Celle-ci place les habitations au cœur de la Nature. Cette inspiration se traduit dans les travaux de l’architecte, par des horizontales marquées, de grandes ouvertures pour apporter la lumière, malgré une toiture souvent imposante. Né alors le « Style Prairie ». Les matériaux qu’il utilise sont variés : briques et pierre, béton et acier. Il intègre des vitraux en verre inspirés de l’art Déco. Les maisons possèdent généralement des puits de lumière centrales.

 

Il reprendra ce puit central dans la construction du Musée du Guggenheim à New York. Achevé en 1956, ce bâtiment situé sur la 5th Avenue est encore aujourd’hui une des attractions principales de la ville, par les collections d’art moderne qu’il abrite, mais également par l’architecture que Frank Lloyd Wright a développée. La circulation se fait autour de ce puit de lumière centrale, le long d’une rampe qui parcourt toute la hauteur du bâtiment.

 

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Photo : Laurian Ghinitouiu
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Photo : Laurian Ghinitouiu
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Photo : Laurian Ghinitouiu

 

Après des années aux Etats unis, Frank Lloyd Wright s’échappe en Europe, à la recherche d’un nouveau souffle, aussi bien sur le plan personnel que sur le plan professionnel. A son retour outre Atlantique, il peine à trouver du travail. Face à la crise économique, et aux changements sociétaux, Frank Lloyd Wright développe le style « usonian », qui permet aux Américains d’être propriétaires de belles maisons à prix raisonnables, tout en profitant des qualités spatiales que l’architecte met en oeuvre. Il travaille son propre style, de manière hétéroclite. Les formes, les matériaux, les couleurs et les modes de construction, ne sont en aucun cas influencés par les désirs de l’architecte, mais pas le contexte du projet et le désir des clients.

 

Il s’applique également à dessiner le mobilier, les tapis, les vitraux et les luminaires des résidences qu’il construit. Frank Lloyd Wirght termine sa carrière en voyageant, pour présenter l’exposition Frank Lloyd Wright: Sixty Years of Living Architecture à travers le monde, en enseignant et en donnant de nombreuses conférences. Cet homme de 91 ans fut reconnu comme le plus grand architecte américain de l’histoire, par l’Institut des architectes américains. 

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

Le déconstructivisme et Frank O. Gehry.

L’architecte Américano-canadien Frank Owen Gehry fait partie du cercle des starchitectes du XXIe siècle. Il s’inscrit dans le mouvement déconstructiviste. Architecte contemporain, ses oeuvres singulières sont devenues de véritables attractions touristiques.

 

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Né le 28 février 1929 à Toronto au Canada, le jeune étudiant qu’il est se passionne tout particulièrement pour l’ingénieurie. Il étudie successivement à l’Université de Californie du Sud puis à celle de Los Angeles. Il en sortira diplômé en 1954. Par la suite, il voyage à travers l’Europe, où il découvre une architecture résolument différente que celle dont il a l’habitude en Californie.  En 1962, il ouvre sa propre agence : Frank O. Gehry and Associates Inc, à Los Angeles. Aujourd’hui, il travaille entouré d’architectes expérimentés qui concrétisent les projets dessinés par Frank Gehry lui même.

 

L’effet Bilbao.

Parler de Frank O. Gehry sans évoquer l’effet Bilbao n’aurait pas de sens. La ville catalane de Bilbao, alors en déclin, lui demande de construire un bâtiment capable de relancer son économie. En créant le Guggeinheim Biblao, Frank Gehry redonne à cette ville espagnole un avenir plus prometteur. Ce musée d’art contemporain attire désormais des touristes du monde entier. C’est pour cela que beaucoup d’autres municipalités ont souhaité la création de leur projet bâtiment-icone. Mais l’effet escompté n’est pas toujours à la hauteur de leur attente. Dans son architecture, les voiles de titane du musée sont devenues le symbole de l’architecture de Frank Gehry.

 

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Musée Guggenheim de Bilbao – Frank Gehry

 

L’architecte du déconstructivisme

Le travail de Frank Gehry s’inscrit dans le mouvement du déconstructivisme. Par ses projets, il souhaite donner une nouvelle dynamique, un nouveau souffle dans des villes qu’il considère comme parfois trop froides et rigides. Un mouvement des formes furtif, qui semble non maîtrisé mais qui requiert en réalité une étude et des compétences techniques extrêmement poussées. Les formes des bâtiments surprennent et perturbent notre représentation de l’architecture.

 

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Walt Disney Concert Hall – Frank Gehry
© Dave Toussaint

 

Parmi ces réalisations les plus reconnues, on peut citer bien évidemment le Guggeinheim de Bilbao, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles, mais aussi le Musée Vitra en Suisse ou encore la Fondation Louis Vuitton à Paris. A Prague, en République Tchèque, il réalise la Dancing House, en s’inspirant d’un couple de danseurs de comédie musicale américaine  Fred Astaire et Ginger Rogers. La liste des projets réalisés par l’agence Frank O. Gehry and Associates Inc est encore longue ! Son travail a été récompensé en 1989 par l’obtention du Pritzker Price.

Tadao Andō, la lumière, et le béton…

 

Tadao Andō est un architecte autodidacte japonais, qui fait aujourd’hui partie de ce que l’on appelle les « starchitectes ». Connu mondialement pour ses réalisations en béton, il désigne la lumière comme la matière première de l’architecte. Primé à de nombreuses reprises, son travail de la matérialité et de l’espace est un incontournable du monde de l’architecture !

 

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Un parcours d’autodidacte

Né en 1941 à Osaka au Japon, Tadao Andō grandit aux côtés de sa grand-mère. Durant son enfance, il côtoie régulièrement les petits artisans locaux de son village : verrier, menuisier, ferronnier… C’est là que commence sa formation : il est constamment en contact avec différents matériaux. Il dévore également les livres, à travers lesquels il développe sa sensibilité pour l’architecture et acquiert des connaissances. Il y découvre l’oeuvre de Le Corbusier, qu’il souhaite rencontrer. Malheureusement, il apprend sa mort une fois arrivé en France, après un voyage à travers l’Asie et l’Europe. Il profite tout de même de sa visite européenne pour découvrir son oeuvre architecturale. Comme Le Corbusier, Tadao Andō voyagera beaucoup. Durant 7 ans, il traverse les continents, et analyse ce qu’il voit. Inspiré, il rentre au Japon en 1969, et décide de créer son agence d’architecture. Depuis, il est devenu un architecte mondialement connu et récompensé par de nombreux prix, notamment le Pritzker Price qu’il reçoit en 1995.

 

Le contexte urbain dans lequel il grandit est complexe : les grandes villes japonaises telles qu’Osaka sont des zones de tension, laissant peu de place au silence. C’est pourquoi il dirige son travail d’architecture vers des espaces intérieurs calmes, propices à la sérénité et au repos. Il préfère créer des lieux silencieux.

 

Parmi ses plus grandes réalisations, on retrouve en premier lieu l’église de la lumière, à Ibaraki, au Japon. Réalisée en 1989, la simplicité apparente de l’espace dissimule un travail minutieux et un traitement de la lumière magnifiée. Les matériaux sont laissés bruts, pour mettre en valeur le mur du fond, dans lequel l’architecte dessine deux ouvertures, horizontales et verticales, formant une croix.

 

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Credit photo : Nobuyoshi Araki

 

 

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Maison Koshino
Tadao Ando – 1984

 

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Musée Préfectoral d’art d’Hyogo
Tadao Ando – 2002

 

Le béton comme matériau de prédilection

D’autres réalisations de l’architecte japonais sont marquantes par le silence qui s’instaure naturellement dans ces lieux bétonnés. La maison Koshino s’installe dans un terrain en pente, et propose des entrées de lumières remarquables. Les formes qu’utilise Tadao Andō sont simples, et permettent une lecture efficace de l’espace : carré, cercle, rectangle. Le béton est le matériau qu’il préfère, et qu’il manie avec brio ! Il utilise le plus souvent un béton banché, dont les trous de banches sont restés apparents, créant un rythme sur les longues surfaces brutes.

Dernièrement, Tadao Andō travaille sur le projet de la Fondation Pinault à la Bourse du Commerce à Paris, concours qu’il a remporté en 2017. Il s’agira de présenter la collection d’art contemporain de François Pinault, grand collectionneur. Un projet dont l’élément phare est la création d’un cylindre de béton au sein même de l’espace de la rotonde et sa coupole classique. Le projet devrait voir le jour en 2019.

 

Anne Vanrapenbusch

Lacaton & Vassal, l’architecture au service de l’habitat

Lacaton & Vassal, l’architecture au service de l’habitat

Anne Lacaton est née en 1955 en Dordogne et Jean-Philippe Vassal est né en 1954 au Maroc. Ils étudient à l’école d’architecture de Bordeaux et en sortent tous les deux diplômés en 1980. A leur sortie d’école, Anne Lacaton travaille au centre culturel de Bordeaux Arc-en-Rêve, alors que Jean-Philippe Vassal travaille durant cinq ans au Niger, en tant qu’architecte et urbaniste. Après ces expériences personnelles, Anne et Jean-Philippe se retrouvent, travaillent ensemble chez l’architecte bordelais Jacques Hondelatte, où ils apprennent la rigueur, la précision et intelligence d’esprit. Puis, ils décident de s’associer pour créer l’agence Lacaton et Vassal en 1987, à Bordeaux. En 2000, face à l’ampleur que prennent les projets confiés à l’agence, celle-ci déménage à Paris.

 

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Transformation de 530 logements, bâtiments G, H, I, quartier du Grand Parc – Lacaton & Vassal, Druot, Hutin, 2016

 

Face à une architecture-objet et parfois exubérante, l’agence Lacaton et Vassal s’impose à contre-courant et souhaite une architecture simple, et efficace. Mais cela n’est possible uniquement grâce à un travail colossal dans la conception du projet architectural. Dans leurs réalisations, ils mettent tout particulièrement en avant les qualités spatiales du projet au service de l’usager. Les architectes s’imprègnent d’un contexte, d’un site, qu’ils analysent et dans lequel ils puissent leurs idées pour la conception du projet. Ils aiment également s’inspirer de l’architecture du monde, à travers leurs voyages notamment. Pourtant, l’agence répond principalement à des projets dans l’Hexagone. Elle met un point d’honneur à la notion d’habiter, qui est – après le contexte – le point de départ de leur projet. Penser l’espace de l’intérieur vers l’extérieur, pour passer de l’échelle de l’habitat à celle de l’urbain.

 

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L’économie du projet au coeur des préoccupations

Parmi leur premiers projets, on compte la Maison Latapie, à Floirac près de Bordeaux. Elle est la seconde réalisation de l’agence qui se tient à un budget très serré, pour un couple et deux enfants. Sur un plan carré simple, deux plateaux organisent l’espace. Les façades sont modulables, du plus ouvert au plus fermé, et un « module » en bois est disposé à l’intérieur. La serre, à l’est, est un espace de vie baigné de lumière dès le matin. L’utilisation de tôles de polycarbonate ondulées, matériau peu coûteux, devient comme une marque de fabrique pour l’agence. C’est cette économie de projet qui fait connaitre l’agence à plus grand échelle. Mais cependant, l’économie financière ne prendra jamais le dessus sur l’espace, loin d’être un espace standardisé.

 

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Lacaton & Vassal, une agence primée

Depuis ces premières réalisations, le succès de l’agence ne s’est pas arrêté. C’est sans doute leur intérêt pour l’habitant, au delà de l’objet architectural, qui séduit. En 1999, Lacaton et Vassal reçoit le Grand Prix national d’architecture jeune talent , puis le Prix « Innovation, Habitat et Développement durable »  de la Ville de Madrid en 2006. En 2008, la ville de Bordeaux lui décerne le prix d’architecture de la ville de Bordeaux. La même année, le ministère de la Culture et de la Communication lui adresse le Grand Prix national de l’architecture. En 2011, le travail de l’agence est récompensée par le Prix de l’Équerre d’argent.

Anne Vanrapenbusch

Luis Barragán, l’architecte coloriste mexicain

Luis Barragán est un architecte mexicain, né en 1902 et mort en en 1988, à Mexico. Il est un des architectes les plus reconnus au Mexique, et son architecture a su se démarquer des autres réalisations de ses contemporains, notamment par l’utilisation des couleurs vives, devenues la marque de fabrique de l’architecte. Il obtient un diplôme d’ingénieur en 1923, après quoi il décide de voir du pays, en voyageant à travers l’Europe durant trois années. Il rencontre entre autre Le Corbusier, Ferdinand Bac, qui influenceront son style architectural. Il s’imprègne du style vernaculaire méditerranéen et apprécie tout particulièrement les espaces paysagers.  Malgré des lignes architecturales qui semblent tout droit venues du mouvement moderne, Luis Barragán refuse le fonctionnalisme, et préfère utiliser la lumière comme une véritable matière à projet.

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©René Burri

 

De ses voyages en Europe, il retient tout particulièrement les jardins et l’aménagement paysager. Il intègre les grands principes de l’époque et revient au Mexique, où il réalise l’aménagement des jardins du Pedregal. Ce grand terrain de 5 km² avait été ravagé par une coulée de lave, sur laquelle Barragán va faire naître un des plus riches quartiers de Mexico. Il en dessine les routes et les flux, les fontaines, les villas qui s’y trouvent.

 

Parmi les réalisations majeures de l’architecte, on peut noter sa Maison-atelier, qui devient un manifeste de son architecture, symbole du mélange entre architecture moderne et culture mexicaine. Construite en 1943 dans les Jardins du Pedregal, elle se compose d’un rez de chaussée, de deux étages et d’un jardin privatif. L’utilisation du béton n’est pas étonnante, puisqu’il est devenu le matériau phare du mouvement moderne.  En 2004, elle est classée au patrimoine mondial de l’humanité.

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Si Luis Barragán devait être une couleur, ce serai le rose. Le ranch Cuadra San Cristóbal à Los Clubes, à Mexico en est un bon exemple. C’est une oeuvre majeure de l’architecte, qui doit sa singularité aux monochromes de rose utilisés dans sa réalisation. Dans la cour, le bassin joue un rôle de miroir, décuplant les formes géométriques, également soulignées par leur couleur.

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Anne Vanrapenbusch