Monoloko imagine un bar monochrome au design atmosphérique

Monoloko Design, une firme de design russe qui se fonde sur les dernières tendances stylistiques et la technologie de pointe, est fière d’annoncer l’achèvement de la refonte du Galaxy Bar et du Bottle Shop. Installé dans un bâtiment néoclassique de Moscou, le nouvel intérieur monochrome de la brasserie artisanale et les formes géométriques d’un bleu profond incarnent les éléments philosophiques du «cosmisme russe» et du «suprématisme», créant une atmosphère propice à la liberté et à l’imagination.

©Dmitry Chebanenkov

«L’idée était de créer un espace monochrome pur et lumineux qui facilite la libération de l’esprit et l’expansion des perceptions humaines, comme si nous marchions sur une toile d’art non objective.»

©Dmitry Chebanenkov

«La couleur a une grande influence sur la perception humaine et a une capacité extraordinaire à influencer les humeurs et les émotions.»

©Dmitry Chebanenkov

Redéfinir l’imagination

La philosophie de la supériorité de la couleur sur la perception humaine a été le moteur de la création d’un espace conçu pour libérer l’esprit de ses clients et où les ensembles perceptuels peuvent intervenir pour influencer les perceptions et la manière dont ils interagissent avec leur environnement. L’éclat et la clarté de l’intérieur monochrome du bar sont d’autres mondes, évoquant des perceptions d’un espace clair et ouvert, dépourvu d’influences de couleur typiquement attribuables au pouvoir de l’homme et de la nature.

©Dmitry Chebanenkov

Reflétant l’idéologie de Kazimir Malevitch, Monoloko a ensuite combiné les couleurs monochromes de l’espace avec les principes fondamentaux du suprématisme, un mouvement artistique abstrait dédié au sentiment artistique pur et aux formes géométriques de base. L’idée était de créer un espace ouvert imaginatif où les sources lumineuses et la couleur modifieraient les perceptions visuelles du mobilier géométrique tridimensionnel de la barre, défini comme suprématiste dans la composition et monolithique dans la mise en œuvre.

©Dmitry Chebanenkov
©Dmitry Chebanenkov

Une sphère céleste

Surplombant le bleu vif de l’espace, Monoloko s’est efforcé de créer une atmosphère paradisiaque ressemblant à un univers sans limites à travers la création d’une installation lumineuse spatiale, composée de néons flexibles enveloppés dans une coque en polyuréthane. L’effet qui en résulte est la perception d’un espace libre non objectif, où les usagers peuvent prendre du recul par rapport à leurs conceptions traditionnelles du temps et de la substance.

©Dmitry Chebanenkov
©Dmitry Chebanenkov

A propos de Monoloko Design

Monoloko Design imprègne les dernières tendances stylistiques, la technologie de pointe et les traditions architecturales établies dans chaque projet. Combinant les principes fondamentaux de l’architecture et du design avec une vaste expérience dans la construction, l’approche détaillée de Monoloko pour chaque projet unique garantit que la pertinence de ses maisons et de ses intérieurs perdurera pour plusieurs générations.

L’école des Beaux-Arts de Paris reprend ses fonctions muséographiques.

L’école des Beaux-Arts de Paris reprend ses fonctions muséographiques.

« L’école des Beaux-Arts de Paris n’est pas un monument, ni un ensemble de monuments. Ce qui fait monument à l’école des Beaux-Arts, c’est précisément son histoire et sa fonction. Authenticité, état de référence, état d’origine, aucun des outils « standards » du restaurateur n’est pertinent dans ce lieu. Chaque espace, chaque vestige de la cour, chaque sculpture porte sa propre histoire. Si c’est un livre, c’est une encyclopédie dont les volumes continuent à s’écrire chaque jour. Ici, pas de grands plans, pas de « gestes », il faut suivre la palpitation de l’histoire et de la vie de ce monument perpétuel afin de lui permettre d’accueillir, tout en douceur, les usages contemporains dont il a besoin. » introduit François Chatillon, Architecte en chef des Monuments Historiques, en charge de la rénovation du site depuis 2013. Et il a bien raison de décrire ainsi cette école, comme un collage d’éléments architecturaux qui s’est constitué au fil du temps.

Collage architectural

Les Beaux-Arts se déploient sur plus de deux hectares au cœur de Paris, entre le Louvre et Saint-Germain-des-Prés. A l’époque, vers 1800, l’école est installée dans l’ancien couvent des Petits Augustins, avant qu’il n’accueille le musée des Monuments français fondé par Alexandre Lenoir. Héritage architectural des siècles passés, l’école comprend des bâtiments du XVIIe jusqu’au XXe siècle, laissant apparaitre ici ou là des éléments architecturaux beaucoup plus anciens. Dès la cour d’honneur de la rue Bonaparte, est donné un aperçu de cette variété architecturale. « Les édifices qui la bordent ont pour la plupart été érigés par dans la première moitié du XIXe siècle par l’architecte François Debret ou par son élève et beau-frère Felix Duban. Le XXe siècle lui-même a laissé son empreinte dans cette enceinte avec de nouveaux étages d’ateliers construits après 1945 par Auguste Perret pour accueillir des élèves toujours plus nombreux, aujourd’hui au nombre de 600 », peut-on lire dans une brochure dédiée aux Journées du Patrimoine 2017. Si l’école des Beaux-Arts est chahutée dans son écriture architecturale, elle le fut aussi dans son organisation suite aux évènements de Mai 68 qui ont vu apparaitre des tensions entre les disciplines enseignées. S’en est suivi la séparation des enseignements artistiques de ceux architecturaux en 1977, ce  qui donnera ici naissance à deux institutions : d’un côté les Beaux-Arts de Paris (anciennement ENSBA) et de l’autre l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais (ENSAPM). Une histoire tant sociétale qu’architecturale qui vaut bien une mise en avant de ces bâtiments tous classés au titre des Monuments Historiques.

 

L’enseignement par la muséographie

L’école des Beaux-Arts de Paris fêtait en 2017 son bicentenaire, année au cours de laquelle elle a fait sa demande d’appellation « Musée de France » afin d’exposer ses collections qui ne constituaient jusqu’alors que des outils pédagogiques. « Mettre les étudiants dans un musée pour qu’ils apprennent directement au contact de l’histoire de l’art, c’est cohérent », rétorque François Chatillon, architecte en charge de la rénovation. Depuis 8 ans déjà, l’école fait l’objet d’un programme de rénovation ambitieux liée à la création d’un parcours muséographique accessible à tous, restauration appuyée par son nouveau directeur Jean-Marc Bustamante. Le palais des Beaux-Arts voit se succéder plusieurs chantiers : celui des décors polychromes d’inspiration italienne de la magnifique cour vitrée du palais des Etudes conçu entre 1830 et 1870 ; celui de la bibliothèque fondée par Prosper Mérimée en 1864, dont l’architecture générale évoque la Renaissance ; celui de la salle Melpomène, principalement dédiée à l’accueil d’expositions ; et plus récemment celui de l’amphithéâtre d’honneur, où ont été restaurés le parquet marqueté, les boiseries et les peintures. Reste encore à mener le chantier de rénovation des couvertures et verrières de l’Hôtel Chimay, ainsi que la rénovation de la cour du Mûrier, un « atrium cloitre à l’italienne » avec une fontaine centrale, entourée sur ses trois côtés d’une galerie d’arcades en plein cintre et pilastres doriques, ornés de fresques d’inspiration pompéienne et de ses statues antiques qui devrait s’achever en 2018. Un ensemble qui bénéficiera bien entendu d’une mise en accessibilité et d’outils technologiques contemporains._Amélie Luquain

 

Explication en image avec François Chatillon, Architecte en chef des Monuments Historiques et Jean-Marc Bustamante, directeur de l’école des Beaux-Arts.

© Amélie Luquain / Cécile Gauthier / Antoine Durand et Anthony Ondomat

Image à la Une © Antoine Mercusot

 

 

 

La coupole du Palais de la Découverte recouvre sa superbe

Premier acte d’un ambitieux projet de rénovation et d’aménagement du Grand Palais, la restauration de la rotonde elliptique du Palais d’Antin, siège du Palais de la Découverte, s’achève. François Chatillon, architecte en chef des Monuments Historiques, s’applique à revaloriser cet ouvrage majeur du patrimoine parisien, jamais restauré depuis sa livraison en 1900.

Verrière après dépose des verres © Patrick Tourneboeuf
Verrière après repose des nouveaux verres © Antoine Mercusot

Rencontrer François Chatillon, architecte en chef des Monuments Historiques, c’est réviser son histoire de l’architecture. Une construction remarquable sert l’exposé. Ici, le « Grand Palais des Beaux-Arts » édifié à Paris à partir de 1897 pour l’exposition universelle de 1900. Il fut le fruit d’un grand concours d’idées entre architectes, à la suite duquel le jury demanda aux premiers primés de s’associer pour faire œuvre commune. Charles-Louis Girault sera en charge de la coordination de l’ensemble et de la construction du Petit Palais, Henri Deglane de la Grande Nef et de ses Galeries Nationales, Louis-Albert Louvet des Salons d’honneur et Albert Thomas, de l’aile ouest dénommée Palais d’Antin. Subissant bien des péripéties au cours du XXe siècle, cette aile a abrité une partie de l’exposition universelle de 1937. Alors qu’elle devait être éphémère, le succès rencontré décida le gouvernement à la pérenniser jusqu’à en faire l’actuel « Palais de la Découverte ». Autonome au sein du complexe, ce palais respecte une stricte symétrie. 3 rotondes sont surmontées de coupoles. Placée au-dessus du hall d’accueil, la coupole centrale de forme elliptique est flanquée de deux autres, plus petites et octogonales. En coupe, chacune se décompose en deux parties : une verrière technique abritant un plafond verrier orné de décors.

Vue de la couverture et verrière restaurées © Antoine Mercusot
© Antoine Mercusot

« Je ne suis pas un patriomaniaque », François Chatillon

Outre la nécessaire adaptation du Grand Palais à des usages contemporains conduite aujourd’hui par l’agence LAN, l’enjeu du travail que François Chatillon mène est de remettre au jour la tension entre l’expression académique (pierre, décors en stuc et staff, ordre colossal…), et la modernité des éléments constructifs (béton armé en procédé Hennebique, structure métallique…) du Palais d’Antin.

Structure métallique de la rotonde avant travaux © Antoine Mercusot
Structure de la verrière et du plafond verrier après restauration © Antoine Mercusot

Techniquement moderne, assurément académique

C’est donc sur les pas d’Albert Thomas que François Chatillon restaure la coupole centrale du Palais d’Antin. L’éclairage s’étant dégradé et terni, l’architecte restaure non seulement les éléments techniques mais surtout le concept de diffusion de la lumière naturelle, particulièrement pensé à l’origine. Les rotondes offrent un éclairage diffus puisqu’elles sont constituées de verrières en toiture qui éclairent les combles structurés de charpente métallique. Depuis ces combles, la lumière est diffusée en second jour dans le bâtiment grâce au plafond verrier de chaque rotonde, ce qui offre une lumière filtrée et douce, nécessaire à l’époque pour préserver les œuvres d’un éclairage direct, avant d’être relayée par des dalles de verre au rez-de-chaussée. La restauration de la coupole implique alors celles des couvertures (ardoises, zinc, ornements) et verrières extérieures, des combles et de leurs structures métalliques, des plafonds verriers, ornements dorés et décors sculptés en intérieur.

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Déploiement d’un échafaudage parapluie en toiture © Antoine Mercusot
Déploiement des échafaudages © Patrick Tourneboeuf

Le chantier a nécessité un important déploiement d’échafaudage. En intérieur une plateforme a 14 m de hauteur a permis d’établir un autre échafaud en approche des décors et du plafond verrier. Une structure qui a nécessité un étaiement en sous-sol, afin de supporter une charge qui ne pouvait prendre appui a aucun moment sur le monument. Parallèlement, en extérieur, un échafaudage parapluie de 44 m de portée et 42,5 m de largeur sur une surface de 1870 m2, enveloppait le dôme extérieur de la rotonde afin d’entreprendre la réfection des couvertures, comprenant les travaux d’étanchéité mais aussi la restauration des décors. Les ardoises cintrées, qui provenaient des Ardoisières d’Angers, aujourd’hui fermées, sont remplacées par des ardoises de Galice, aux caractéristiques similaires. Les ornements en zinc estampé ont fait l’objet d’une restauration en atelier, sauf pour le décor au faitage du dôme qui lui a été restauré sur place. En verrière, l’ancien verre armé en 25×25 est remplacé par un double vitrage à l’argon, composé sur sa face extérieur d’un verre strié feuilleté, conforme aux normes de sécurité, restituant ainsi l’aspect de l’ancienne verrière avec des performances contemporaines. En intérieur, pour le plafond verrier, les profilés acier en « T » sont d’origine. Le projet a prévu la dépose des vitrages détériorés, le nettoyage, la restauration des sections abîmées et la remise en peinture de cette ossature. Les verres les plus abîmés sont remplacés par des verres simples armés de 8mm ; une opération de remplacement qui concerna 72 d’entre eux sur les 632 verres. Les décors dorés à la bronzine sur les branchages et à la feuille d’or sur les rayons du soleil sont entièrement restaurés. Des groupes sculptés réalisés en staff scandent les piliers de la rotonde. Réalisées par Henri Nelson, ces grandes figures féminines sont nettoyées et restaurées avec reprise des fissures. Une revalorisation de l’œuvre d’Albert Thomas, pour la première fois restaurée, qui aurait pu être augmentée d’une mise en lumière artificielle.

Plafond verrier et décors sculptés © Antoine Mercusot
Plafond verrier et décors sculptés © Antoine Mercusot

« Conserver, c’est moderne »

Pour cette restauration, comme pour bien d’autres entreprises par François Chatillon, l’architecte a misé sur des techniques contemporaines comme le BIM. A partir des observations, des plans d’archives et des relevés de géomètre, l’agence a réalisé une maquette 3D et modélisé un état antérieur. « C’est comme faire du chantier a postériori », précise l’architecte pour qui « la restauration est un projet d’architecture où la technique est prépondérante ». Pour lui, conserver, c’est projeter. Il ne va jamais en arrière mais projette un état adapté aux besoins contemporains. « Je ne suis pas un patriomaniaque », lance-t-il, avant de compléter « Il faut dépasser certains affects de matérialité. Ce qui m’intéresse, c’est le concept, la composition, la lumière ». Pour celui qui se plait à citer René Char, « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », l’intention initiale est prépondérante à la réalisation._Amélie Luquain

 

Fiche technique

Grand palais – Phase 0 : Restauration des couvertures et de la rotonde elliptique du Palais d’Antin, siège du Palais de la Découverte

Maîtrise d’ouvrage : RMN Grand Palais, en collaboration avec Universcience, l’Etablissement public du palais de la découverte et de la Cité des Sciences Maîtrise d’ouvrage déléguée : OPPIC, l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture.  Maîtrise d’œuvre : Architecte en chef des Monuments Historiques : François Chatillon Architecte. BET Structure /  Fluides CFO CFA / CSSI : IGREC Ingenierie

Entreprises : Installation de chantier, désamiantage et assainissement de charpente : ALTEMPO Echafaudages : MILLS Maçonnerie et pierre de taille : LEFEVRE Couvertures et charpente bois : UTB Verrières : VERRE & METAL Plafond verrier : DUMANOIS Restauration des décors intérieurs : CHEVALIER Electricité : EIFFAGE ENERGIE

Coût travaux phase 0 : 12 M € Les travaux sur la rotonde centrale du Palais d’Antin ont bénéficié du soutien des FONDATIONS VELUX Calendrier : études 2015 – 2016 / chantier aout 2016 – décembre 2017. Inscription Monument Historique Grand Palais : 2000

 

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