D’une Rome schizophrène aux 50 nuances de Gehry : la revue de presse du 01/03/2017

D’une Rome schizophrène aux 50 nuances de Gehry : la revue de presse du 01/03/2017

Le 3e âge de l’architecture, La Rome sans qualités, Beetlemania : les matériaux aussi, Menace sur le Concorde, 50 nuances de Gehry, Acouphènes architectoniques, Orléans turbulent, la probabilité d’un retard, Béton, banc cher : la revue de presse du 1 mars 2017

 

Le 3e âge de l’architecture

Après Bishops Cleeve, Cheltenham et Tewkesbury, Winchombe, une commune de 4 379 habitants du comté du Gloucester, va se doter d’une université du troisième âge (U3A), établissement sans vocation diplômante fonctionnant sur la mise en commun des savoirs. Pas de limite d’âge supérieure ou inférieure, « la seule qualification requise est l’enthousiasme », fait savoir le Gloucestershire live. Parmi les matières proposées, l’histoire de l’art, les échecs, la maquette de machines mécaniques, la marche (sic), l’observation ornithologique (le fameux Birdwatching), et… l’architecture ! La moindre nichée de faucons pouvant interrompre un projet – le cas s’est présenté récemment sur la caserne de Reuilly, à Paris – l’U3A se montre d’une acuité hors du commun, d’une pertinence dont elle n’a peut-être même pas conscience…

Via Gloucestershire Live 

 

La Rome sans qualités

Architecte, chercheur et photographe, Alessandro Lanzetta dresse dans les colonnes du Giornale dell’Architettura le portrait d’une Rome schizophrène. Le centre de la ville éternelle n’est plus qu’un ensemble hybridant le musée à péage et le mall pour touriste, la périphérie une nébuleuse hétéroclite de quartiers pavillonnaires plus ou moins prisés, de zones ravagées par la spéculation ou construites hors des lois de l’urbanisme en vigueur. Seul le GRA — l’équivalent local du boulevard périphérique — relie encore cet archipel que les règlements urbains se sont ingéniés à fragmenter en près d’une cinquantaine de morceaux, et ce depuis l’après-guerre. « Depuis de nombreuses années, on ne parle plus de projet urbain, d’idée forte, de vision d’ensemble capable de réunir les fragments bâtis d’une métropole qui tombe dans une situation infrastructurelle confinant à l’absurde ». Avant la ville avait des idées, comme orienter son développement vers la mer, ou se doter d’une myriade de cités-jardins. Époque révolue. « Le marché, qui a vendu immeubles et terrains en corrompant tous et tout, ne se sent pas intéressé par ce droit à la ville implicitement contenue dans les formes urbaines réfléchies et cohérences. Les politiciens ne veulent pas en parler : les habitants sont des votes facilement achetés à coup de promesses à coût zéro. Les urbanistes et les architectes, ceux disposant d’un miminum de compétence survolent le problème, trop occupés qu’ils sont à courir derrière le prochain marché public. » Au moins, tout le monde semble d’accord pour tourner la tête et se boucher le nez.

Via Il Giornale dell’architettura

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via il giornale dell architettura

 

Beetlemania : les matériaux aussi

C’est en observant le Cotinis mutabilis – en anglais le Figeater Beetle (Lit. Coléoptère mange-figue) que les chercheurs de département d’ingénierie de l’université du Nebraska Lincoln ont découvert un nouveau matériau à la fois ultra-résistant et ultraléger. L’exosquelette de l’insecte est composé de fibres de chitine d’un diamètre de 20 nanomètres (3 750 fois plus fin que le cheveu dont le diamètre atteint 75 000 nanomètres), arrangées en spirale, configuration connue sous le nom de Bouligand, ou plus trivialement d’escalier en colimaçon. Les recherches n’en sont qu’au début. Retrouvera-t-on ce matériau facilement incorporable dans les matières fibrés dans un béton coléoptère ultra haute performance ? Pour l’instant, on envisage l’utilisation de ces fils de carapace dans les transports aériens ou le secteur de la défense.

via Science Daily 

 

Menace sur le Concorde

Arrondi sur tous les angles, lisses et sans aspérités, le Concorde, cinéma de La Roche-sur-Yon, est menacé de destruction à l’horizon 2020, lorsque le cinéma d’art et d’essai qui occupe le lieu l’aura quitté pour rejoindre un cinéma plus neuf. Pourtant, le bâtiment « sort du lot », explique un membre du collectif Argone, qui se mobilise pour la sauvegarde de cette architecture 70 conçue par l’architecte René Naulleau, en association avec l’agence Barto. Le collectif réclame la labellisation du bâtiment au titre de « patrimoine du XXe siècle » contre la volonté de la mairie, qui se retrouverait alors avec un bâtiment intransformable. Pour l’adjoint à l’urbanisme, « le bâtiment est intéressant, mais difficilement reconvertible. Il y a peu d’ouvertures, par exemple. Si on interdit toute transformation et qu’aucune autre destination que le cinéma n’y est possible, le risque est qu’il devienne une friche et la Ville veut l’éviter à tout prix. » La lutte pour un atterrissage en douceur continue sur Change.Org, où le collectif Argone a déposé une pétition.

Via Ouest-France 

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Via Ouest-France

 

50 nuances de Gehry

Prophétique «Votre créativité commence avec votre curiosité». Introspectif « Vous devez trouver votre voix ». Implorant « promettez-moi de prendre le risque de faire quelque chose pour l’humanité ». Voici quelques phrases que l’on peut entendre dans la présentation vidéo de la master class de Gehry. Le Pritzker endosse les habits de coach pour apprendre tout ce qu’il sait de l’architecture en 15 leçons, rien que ça, pour la modique somme de 90 US$. Les plus chanceux auront le droit à une correction avec le maestro. Faut-il se ruer sur l’offre, ou attendre la sortie de la version holographique, avec enseignement du fameux doigt d’honneur de Frank O. en bonus ?

Via FastcoDesign

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Photo: Jason LaVeris/FilmMagic/Getty Images Via FastcoDesign

 

Acouphènes architectoniques

« Pourquoi ça tombe ? », demandait faussement candide l’ingénieur Mario Salvadori en titre d’un de ses ouvrages expliquant l’art des structures par leur faillite. « Pourquoi ça siffle ? », s’interroge le Guardian après que la tempête Doris ait mis en avant la propension siffloteuse de nombreux immeubles « les réseaux sociaux regorgent de plaintes contre les immeubles sifflants. Des ensembles de bureaux entiers ont été transformés en flûte divine par la tempête. Des vidéos chargées sur YouTube montrent la nouvelle aile d’un hôpital de Torbay en train de chantonner dans le vent… ». Et le phénomène n’a pas attendu le passage de Doris pour se manifester. À Manchester, la Beetham Tower conçue par l’architecte Ian Simpson s’est rendue célèbre pour ses penchants siffleurs avant même sa livraison. Le problème est lié à « des mécanismes de rétroaction lors de l’émission de tourbillons détachés » expliquent des scientifiques du département de recherche son et vibration de l’Université de Southampton. « Le remède aux sifflements est aussi unique que le bâtiment » détaille les chercheurs. Ainsi, le Cityspire de New York s’est fait dépouiller de tous ses stores à seul fin de lui couper le sifflet.

Via The Guardian 

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1WTC … sounded ‘like a train passing by’. Photograph: Siegfried Layda/Getty Images via The Guardian

 

Orléans turbulent

Coup de foudre dans la cité Johannique : la mairie d’Orléans et le Frac Centre décident de collaborer. « C’est la première fois en France, explique Abdelkader Damani, directeur du Frac centre, qu’un Frac s’associe à une collectivité locale pour ce que j’appelle la “fabrique du réel”. » Concrètement, le centre dédié à l’architecture contemporaine est désormais associé à l’élaboration des grands projets d’urbanisme de la municipalité ». Le FRAC va participer au choix du « MOBE (musée d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement), CO’Met (la grande salle au parc des expositions), la Vinaigrerie Dessaux, la future piscine ou encore la cité musicale sur le site Porte-Madeleine. » « Petit à petit, le but est de construire une identité architecturale contemporaine à la ville, de positionner notre métropole comme une métropole d’innovation architecturale », précise Abdelkader Damani.« Mais la coopération ne s’arrête pas là. Elle se fait aussi dans le domaine culturel. Les Turbulences participent désormais aux actions “hors les murs” de la municipalité. Surtout, la ville s’associe à la Biennale d’architecture lancée cette année par le Frac (lire par ailleurs), qu’elle financera à hauteur de 100.000 € par édition. “Pendant six mois, Orléans sera la capitale de l’architecture française voire mondiale !”, se félicite Nathalie Kerrien, adjointe à la culture ». Voire la capitale de l’architecture pour tout l’univers, vu le vaisseau rebelle qui fait office du siège du Frac Centre.

Via La République du centre 

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Via La République du Centre

 

La probabilité d’un retard

« Les professionnels le savent, les chantiers sont généralement en retard et coûtent plus cher que les devis établis. On peut rager contre les responsables ou la malchance. On peut aussi se demander : et si les coups du sort qui paraissent s’acharner sur ces vastes chantiers n’en étaient pas vraiment ? » Professeur de sociologie de l’université Paris-Diderot, Gérald Bronner mène l’enquête sur les fameux retards qui émaillent malheureusement trop souvent les chantiers. « Prenons un tout petit peu de hauteur, explique Bronner en montant dans sa grue. Ce type de projets ne peut être achevé qu’en respectant de nombreuses conditions : pas de retard dans la livraison du matériel, pas de météo trop défavorable, pas de mouvements sociaux, etc. Dans l’esprit de ceux qui ont à juger du calendrier de tels projets, la probabilité de rencontrer chacun de ces problèmes séparément est suffisamment faible pour inciter à l’optimisme. Cet optimisme est en réalité déraisonnable, car la probabilité qu’un projet se réalise sans encombre est la probabilité conjointe de la non-réalisation de chacun de ces événements. En d’autres termes, il aboutira dans les temps si telle condition est remplie, et telle autre, et telle autre, etc. Or l’esprit humain est mal équipé pour bien évaluer cette structure de probabilités composées : il a tendance à les surestimer largement ». Bronner poursuit « Ainsi, puisque nous posons rarement sur papier les probabilités (même grossièrement évaluées) associées à chacune de ces étapes, nous pouvons aisément avoir l’impression que le projet sera réalisé dans les temps. ». Les dépassements budgétaires observés sur les Philharmonies – à Hambourg ou Paris – les parlements écossais ou autre station du PATH à New York seraient les simples manifestations d’une foi inoxydable en l’avenir. Incurable optimisme du BTP !

via Pour la science 

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Via Pour la Science

 

Béton, banc cher

Les néophytes trouveront sans doute moche ce banc en béton trouvé dans le jardin de la maison d’un électricien de la métropole stéphanoise. Pourtant, ce banc-borne du modèle « Firminy » avait été dessiné par Le Corbusier, et aurait dû « civiliser » et éclairer les environs de la maison de la Culture de Firminy. L’artisan chargé de leur électrification avait gardé cet exemplaire du banc après que la mairie eut décidé de n’en installer que 18 sur les 20 initialement prévus par l’architecte- elle avait revu les plans du Corbu juste après son décès en 1965. Le banc est estimé à 18/22 000 euros par la maison Artcurial qui l’a mis aux enchères mardi dernier. Les trésors du XXe siècle sont des blocs en béton…

Via FranceTV info 

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Olivier Namias

5+1AA : de la démesure de Rome

Alfonso Femia et Gianluca Peluffo, associés de l’agence italo-française 5+1AA, ont livré en novembre dernier le nouveau siège de la BNL-BNP Paribas à Rome. Situé au nord-ouest du centre historique, adjacent à la gare ferroviaire Tiburtina, la conception de cet objet singulier qui se veut aussi discret que monumental a largement été influencé par son contexte.

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Monumentalité exigée

Rome, Tiburtina. C’est à plus 2 km du centre historique, à la jonction de deux quartiers – les Quartiere V Nomentano (nord ouest) et Quartiere XXII Collatino (sud est) – et de deux vides urbains – le cimetière (sud ouest) et une zone en friche (nord est) – qu’est implanté le nouveau siège social de la BNL-BNP Paribas. La banque fait le lien avec la terriblissime gare ferroviaire Tiburtina, deuxième gare de Rome redéveloppée quelques années plus tôt par ABDR Architetti Associati et Paolo Desideri, et déjà esthétiquement datée. Tirant un biais au dessus des voies ferrées, «  la gare établie une dimension infrastructurelle et impose un changement d’échelle » pose Alfonso Femia, architecte associé de l’agence 5+1AA. Face au monstre autonome, les architectes ont apporté une réponse cyclopéenne, rendue obligatoire par l’étroitesse de la parcelle de 5000 m² devant porter un programme de 75 000 m² de bureau. S’impose une architecture linéaire parallèle aux voies ferrées, longue de 235 m et haute de 50 m (3 fois plus que la gare). Les deux programmes se réunissent à leur pointe en une seule entité, angle que les architectes s’amusent à comparer à la tête du dieu Janus. Dès le concours, ils rêvaient d’un dispositif public commun aux deux organismes ; doux rêve là où la dialectique entre les institutions est toujours compliquée, pour ne pas dire impossible. Pour autant, les volumes ferroviaires et tertiaires s’interpénètrent, se toisent ou s’éloignent. Avec le pont routier de la Via Tiburtina, se dessine une centralité infrastructurelle à plusieurs vitesses (train, métro, voitures) composée d’éléments longilignes et gigantesques.

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Intériorité démesurée

A la démesure de cette architecture infrastructurelle, il a fallu répondre par une intériorité raisonnée. En tête, dans sa partie la plus large (18m), le volume est fendu suivant un schéma tripartite : un corps creux à ciel ouvert bordé de deux corps plein. 5+1AA a cherché à répandre la lumière dans cette faille par la matière : une « peau de serpent » en céramique doré, selon les mots de l’agence, matériau conçu sur-mesure avec l’industriel Casalgrande. L’espace interstitiel comprend un grand hall et un escalier monumental. Il dessert les étages de bureau par un escalier en U. Son parcours longitudinal est rythmé et séquencé par les passerelles vitrées qui le traversent, créant des « lieux suspendus entre deux corps ». La mise en scène est parachevée par un chassé-croisé de terrasses, ménageant des vues biaises et multiples. Au centre de la masse bâti, un trou béant sur 4 niveaux laisse apparaitre le château d’eau construit dans les années 30 par Angiolo Mazzoni, également architecte de l’ancienne gare Tiburtina et de la gare centrale Termini. Le parcours s’achève par un penthouse offrant un panorama à 180° sur la ville.

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© Amélie Luquain

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Effacer la masse

In fine, la composition classique avec socle et attique est illisible en façade. Enveloppé derrière une peau miroitante, le bâtiment tend à s’effacer dans le ciel de Rome, selon les désidérata « illuminés » des architectes. « Lumière et ciel, ciel et lumière. Pas une lumière quelconque ni un ciel banal. Pas tout le ciel. Rome et sa lumière. Rome et son ciel sont dans notre imaginaire à chaque fois que nous rencontrons la ville fondatrice. » communiquent-t-ils. Pour eux, le ciel et la lumière de Rome caractérisent la Ville Eternelle. C’est par ce jeu et par l’affinement de la silhouette bâti qui se termine en porte-à-faux large de 4 m qu’ils ont cherché à effacer la masse. En effet, la façade rideau en verre collé comprend 7 teintes différentes. Réponse à des contraintes énergétiques, les 7 nuances des bandeaux de verre pliés en accordéon servent surtout à maximiser les effets de réflexions. Les architectes évoquent alors un « ciel vertical (sic) » et une « vague dentelée ». « La masse ancrée au sol laisse place à un corps planant dans les airs » disent-ils. Le mastodonte se dresse comme une lame de verre tranchante dans le ciel, dirons-nous.

Proposant un dispositif perceptif questionnant la métamorphose de la masse en un voile discret, les architectes invoquent aussi bien le baroque et ses jeux de trompe-l’œil que le cinéma futuriste : « nous aimons la question du cinéma et la mise en scène des réalités. Le cinéma change les relations entre voir et regarder. Cette notion peut s’appliquer à l’architecture. C’est l’acte de voir qui est très important », nous dit Alfonso Femia.

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Cependant, le trop-plein d’effet, qu’il réside dans la matérialité ou dans la composition architecturale complexe, peut surtout s’apparenter à une surenchère techno. Quoi qu’il en soit, la résultante est une architecture puissante, voir même tranchante qui, pour sûr, devrait faire parler d’elle dans la ville éternelle.

Amélie Luquain

 

Chiffres235 m de longueur ;  50 m de hauteur ;  12 étages hors-sol ;  4 niveaux de sous-sol ;  5 000 m2 parcelle ;  75 000 m2 construits ; 39 000 m2 de surface utile : bureaux, restaurant, auditorium ; 30 000 m2 de façades en verre et céramique ; 53 procédures administratives pour obtenir le permis de construire ; 24 mois d’études ; 36 mois de chantier ; 83 millions d’euros ; 3300 employés accueillis à partir de 2017 ; 4 à 18 m d’épaisseurs des fondations ; 46 € cout de la pièce céramique

Fiche technique :  Maitrise d’ouvrage : BNP Paribas Real Estate. Maitrise d’œuvre : 5+1AA architectures Alfonso Femia Gianluca Peluffo. BET : structure Redesco, Fluides et environnement Ariatta Ingegneria, OPC Starching – Studio Architettura Ingegneria. Lieu : Rome / Tiburtina. Programme : Siège social BNL – BNP Paribas. Surfaces : 70 000 m2 bati et 43 000 m2 SHON. Coût : 83 M € HT. Calendrier : 2012 concours, 2014 chantier, 2016 livraison

 

Photos : Courtesy 5+1AA / Luc Boegly

Images : Courtesy 5+1AA / RSI