Richter architectes : de la frange au centre

En fond de la ZAC hétérogène et disgracieuse des Tanneries, actuellement en construction, à Lingolsheim (67) – une commune de plus de 17 000 habitants, située au sud-ouest de Strasbourg – ont récemment été livrés le groupe scolaire Simone Veil et le gymnase Colette Besson. Ils sont le fruit des architectes franco-allemand, les frères et sœurs Jean et Pascale Richter, et d’Anne-Laure Better, leur associée depuis 2007. Entre, s’insère un Institut médico-éducatif IME conçu pour ARSEA par Aubry Leutier architecte. L’institution, qui accueille des enfants atteints de déficience intellectuelle, partage deux salles de classe avec le groupe scolaire, l’espace de restauration et la salle polyvalente du gymnase. La volonté de l’aménageur était de partager les usages, et d’intégrer l’IME à l’équipement de quartier plutôt que d’en faire un lieu isolé, comme à l’accoutumée. Une opération insolite qui rapproche deux maîtrises d’ouvrage et deux maîtrises d’œuvre en co-conception, ayant travaillé ensemble dès le concours pour produire une réflexion globale et une réponse urbaine unitaire.

Groupe scolaire, institut médico-éducatif et gymnase constituent un ensemble urbain.
Des patios plantés rythment la façade de leurs décrochés, tout en signalant les entrées.
L’école élémentaire est constituée en un bloc longitudinal qui se cale à l’étage au-dessus d’un préau.

Ces équipements ont pour vocation, selon leurs maîtres d’ouvrage, à devenir le cœur du quartier, bien qu’ils se situent sur ses franges. S’appuyant sur les voies de chemin de fer (TGV, TER, trains de marchandises), le long d’un terrain étiré sur 250 m, les équipements créent un front bâti qui vient reconstituer l’alignement sur rue, renvoyant une image unitaire et sobre, sous une seule et même enveloppe constituée de prémurs de béton et d’aluminium anodisé. En proue, accessible à toute heure de la journée depuis le square qui le jalonne, le gymnase dévoile ses activités depuis son rez-de-chaussée vitré, à la fois tampon et lanterne du quartier.

Les salles de classe de l’école maternelle se terminent par des embouts vitrés. Leur succession engendre une enfilade visuelle jusqu’au rails du chemin de fer.
En lisière de la voie ferrée, la cour se divise en deux parties : l’une pour l’école élémentaire, l’autre pour l’école maternelle.
Le couloir de l’école maternelle est agrémenté de bancs et rangements, revêtus de panneaux de bois. Il est éclairé naturellement par les hauts jours des salles de classes qu’il dessert.
Salles de cours maternelles
Salles de cours maternelles
Salles de cours élémentaires

Sous l’apparence unicité, une ville en réduction se dévoile. Des jeux de pleins et de vides, d’avancées et de retraits, rythment la façade de leurs décrochés. Ce profil se transpose en coupe, faisant varier les hauteurs. Prolifère un enchainement de pièces, de patios plantés et de préau, dont les transparences et porosités visuelles invitent à la découverte. Les architectes révèlent l’épaisseur du terrain, par des distributions transversales qui, depuis l’allée principale, emmènent vers l’arrière de ville jusqu’à cadrer sur l’infrastructure ferroviaire. Si le projet se protège des nuisances du chemin de fer, par un long voile de béton augmenté d’un préau et d’une cour ou de vestiaires pour le gymnase, le bâtiment se réconcilie avec le paysage, mi technique, mi naturel, auquel il se raccroche visuellement, par une multitude de percées visuelles.

L’escalier principal reflète à lui seul la matérialité du projet : prémurs de béton isolé, aluminium anodisé, bois blanchi ou grisé.
Depuis l’allée principale, les distributions cadrent le paysage ferroviaire.
Halle du gymnase
La distribution des vestiaires est augmentée d’un long vitrage filant en hauteur ; évocation de la vitesse des trains, selon les architectes.
Les patios plantés dégagent des porosités visuelles qui invitent au cheminement.
Le plafond suspendu de la salle omnisport alterne lame de bois acoustique et luminaire. Ses parois sont aussi revêtues de lames de bois acoustiques.
La lumière naturelle de la salle omnisport est latéralisée, en zénithale et à rez-de-chaussée.
L’ensemble bâti s’installe en limite de ZAC, adossé à la voie ferroviaire.

 

Amélie Luquain

Fiche technique :

Construction du Cœur de Quartier des Tanneries à Lingolsheim. Adresse : 30 – 32 – 34 rue Maria Callas, Lingolsheim. Programme : groupe scolaire (écoles maternelle et élémentaire) et gymnase. Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lingolsheim. Maîtrise d’œuvre : SARL Richter architectes et associés. Architectes associés sur le projet urbain : Aubry Leutier architectes. Superficie : groupe scolaire 3210 m², gymnase 2220 m², total 5410 m². Coût : 10.8 M € HT. Calendrier : concours 2014, livraison juin 2017

Courtesy Richter architectes et associés / Luc Boegly

 

Pornopolis, manifeste pour une ville érotique

Ce projet d’étude, Pornopolis, s’inscrit dans la continuité d’un mémoire traitant des apports du magazine Playboy en architecture et design dans les années 1950 à 1970 aux Etats-Unis, son créateur Hugh Hefner postulant que «pour changer un homme, il faut changer son intérieur».

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Paru dans Architectures CREE 380

En abordant les thèmes de la sur-médiatisation des images sexuelles dans nos médias contemporains ainsi que de l’omniprésence des prothèses numériques dans notre intimité, le projet développe des espaces utopiques sexuels : des pornotopies, dans des espaces cachés de l’architecture publique chinoise. Le centre commercial Bailian New Era situé dans le district de Wujiaochang (Shanghai, Chine) a été choisi comme laboratoire d’expérimentation en raison de sa double peau, au centre d’un puissant imaginaire lié à l’invisible, au caché, à l’interdit. Pornopolis suggère plus qu’il ne montre, effeuillant un équipement banal du consumérisme de masse. Seuls les initiés sont avertis des profondeurs schizophréniques et sulfureuses de la double peau dans laquelle ils sont happés par des procédés de miroirs coulissants, de parois molles et organiques, de fausses portes, de cabines à double fond, de rideaux, de murs labyrinthiques…

 

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Auteur : Clémentine Dufaut

Directeur d’études : Anne JAUREGUIBERRY

ENSA Strasbourg

Réhabilitation de la COOP, un antidote au projet urbain ?

 

Réhabilitation du site de la COOP (Alsace – Strasbourg), Alexandre Chemetoff & Associés

 

L’introduction au plan guide de la COOP dresse un réquisitoire contre une certaine forme d’urbanisme contemporain.

« Le syndrome de Copenbourg. Cette expression fut imaginée au printemps 2015 pendant les premières réflexions sur le site de la COOP. Elle est formée à partir de nom de villes comme Copenhague, Hambourg ou Strasbourg, pour désigner ces nouveaux quartiers composés d’espaces publics ou privés comme de bâtiments qui, cherchant à se distinguer les uns les autres finissent par se ressembler pour se confondre et être finalement tous les mêmes, de sorte que personne ne sait où il est. Le terme de « syndrome » indique qu’il s’agit d’une maladie. Liée au développement et à la croissance des villes, elle apparaît à la fin du XXe siècle et connaît un développement considérable au début du XXIe. Les urbanistes français le nomment ZAC, ou bien projet urbain, une forme récente porte le nom trompeur et apparemment plein de vertu d’éco-quartier. Strasbourg elle-même n’a pas été épargnée, mais des recherches sont en cours pour endiguer le phénomène et cesser sa propagation. »

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A partir de l’administration, des logements et espace de co-working

 

Pour pallier au syndrome de Copenbourg, l’urbaniste Alexandre Chemetoff & associés prend le parti d’apprendre du site. Dans une référence assumée à l’ouvrage éponyme Learning from Las Vegas de Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour, il entreprend une pratique de terrain, quasi ethnographique, le projet se dessinant à partir des ressources déjà là.

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A partir du garage, une galerie des arts, un café-musique et un jardin de sculpture sont projetés. A partir de la menuiserie, un atelier des métiers ou fablab

Les sièges et usines de la COOP, enseigne de distribution connue de tous en Alsace, active pendant près d’un siècle, de 1911 à 2015, constitue un quartier. Plus précisément, un quartier en croissant de lune dont le demi cercle de 8 hectares est tracé par les voies de chemin de fer et la rue du Port du Rhin. En préalable au projet, Arnaud Duboys Fresney y a dressé un inventaire exhaustif de l’état des lieux, à partir d’un relevé photographique objectif, les prises de vue étant réalisées frontalement et par temps gris. Là, les constructions de la friche industrielle que le temps a relativement épargnées sont fragiles. Les pigeons qui ont élu domicile dans les greniers, les tuiles manquantes dans les toits, les joints d’étanchéité où poussent des arbres, les chenaux obstrués remplis d’eau, les fers des bétons érodés, les enduits dégradés, les fenêtres cassées et les intrusions malveillantes, auront bientôt raison des constructions les plus solides. Le portrait photographique de la COOP saisit un patrimoine matériel, qui révèle aussi la présence sensible d’un patrimoine immatériel. Sans compter que de nombreux artistes profitent de ces espaces libres pour y élire résidence, de même que le festival Ososphère qui a investi les lieux dès 2012.

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A partir du bâtiment de l’Union sociale, le pôle d’étude et de conservation des collections des musées de Strasbourg

A la mise en place d’un programme culturel qui a tendance à fossiliser les politiques architecturales, Alexandre Chemetoff préfère assigner dans ces lieux des fonctions générales, prônant la mixité. Après avoir inventorié les espaces, listés les usages passés et possibles d’aujourd’hui, son objectif est de réutiliser au maximum les bâtiments, proposant une nouvelle actualité de l’activité passée, dans une dimension collaborative

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A partir de la cave a vin, une salle d’exposition ou évènementiel A partir des cuves à vin, la question est encore en suspend, probablement une cave a vin A partir de la grande salle d’embouteillage, une grande brasserie de 1000 couverts

Concernant ce plan guide, on apprécie les qualités projectuels de Chemetoff dans ces lieux d’un autre temps à la poétique désoeuvré. « Utopie du réel », peut-être… Pour autant, la réhabilitation de friche industrielle n’est pas une première – et Chemetoff n’en est pas non plus à son premier essai (cf Iles de Nantes, reconversion d’un chantier naval). Si la plupart sont converties en pôle culturel, comme le bassin houiller de la Ruhr en Allemagne (OMA, SANAA…), d’autres sont rendues à des activités mixtes, à l’instar du quartier de Rotermann à Tallinn (Estonie) (Koko, Kosmos…), plus proche du cas de la COOP. La cohabitation d’une architecture industrielle et contemporaine, accueillant une programmatique diverse, ne laisse pas insensible et nous invite à imaginer un beau projet en perspective prévu à l’horizon 2020.

 

Amélie Luquain

 

 

Courtesy Ville et Eurométropole de Strasbourg / A. Chemetoff

 

Rénovation et extension du Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg

Rénovation et extension du Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg

Le Palais de la Musique et des Congrès (PMC) de Strasbourg, objet singulier au plan hexagonal datant des années 70, a fait l’objet d’une rénovation-extension. Les architectes Rey-Lucquet et Dietrich Untertrifaller l’ont enveloppé dans un péristyle d’acier.

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Lancé en 2011, le projet de rénovation et d’extension du Palais de la Musique et des Congrès (PMC) doit permettre de recevoir à Strasbourg les plus grands congrès de France, replaçant la ville au rang qui était le sien quelques années auparavant. Outre l’agrandissement du Palais, il était urgent de changer l’image négative renvoyée par le bâtiment construit en 1974 par Paul Ziegler et François Sauer, et altéré lors de son extension en 1988. L’édifice paraissait trop marqué par son époque, doté d’un plan hexagonal et de façades massives composées de bandeaux de béton et de meneaux toute hauteur. Une mue devenait nécessaire, de la même manière qu’elle s’imposait à d’autres bâtiments obsolète des années 70 au plan polygonal et aux atours brutalistes : les tours du Pont-de-Sèvres à Boulogne-Billancourt ont été récemment rénovées par Dominique Perrault en Citylights ; l’Hexagone du campus universitaire de Luminy à Marseille conçu par René Egge est amené à être réhabilité par Rémy Marciano.

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Objet singulier

Objet singulier posé dans un parc, le Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg tente de se rapprocher de ses voisins, qu’il s’agisse du parc des expositions ou des institutions européennes (la Cour européenne des Droits de l’Homme, le conseil de l’Europe et le parlement européen) dans une ambition de rayonnement international. Proche des hôtels, des transports en commun et du centre-ville, son emplacement justifie sa réhabilitation. Le groupement de maîtrise d’œuvre, en charge de la restructuration-extension, est constitué des architectes strasbourgeois Thierry Rey, Serge Lucquet et Olivier de Crécy et de l’agence autrichienne fondée par Helmut Dietrich et Much Untertrifaller. Après avoir vainement essayé d’aller à contre courant des règles édictées par le bâtiment, ils reprennent et assument le plan hexagonal qui détermine une trame structurelle triangulaire et contamine l’ensemble. Ainsi, l’extension dite PMC3 dessine un nouveau polygone et le bâtiment assure la cohésion de trois époques différentes, dont les volumes formellement similaires s’articulent autour d’un foyer et sont enveloppés derrière un péristyle.

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Entre un existant retricoté et des extensions remplies de vide, l’imposant et froid PMC, derrière ses colonnes contemporaines, prend des allures de palais antique d’un autre ordre.

Amélie Luquain

 

Fiche technique :  MOA : Eurométropole de Strasbourg. MOE : Rey-Lucquet et associés (mandataire), Dietrich | Untertrifaller Architectes. Chefs de projet : A.Vollmar, B. Hein, H. Walker, E. Delvoye. Localisation : Strasbourg, Place de Bordeaux Programme : extension et restructuration, mise en conformité sécurité et PMR. Zone Orchestre Philarmonique de Strasbourg (PMC1) : création d’une salle de répétition, de foyers de répétition, d’une salle pédagogique, de locaux administratifs. Zone Congrès (PMC2 et 3) : extension d’un amphithéâtre existant (900 à 1200 places), création d’un nouvel amphithéâtre de 530 places, d’un hall d’exposition de 3000 m², de 11 salles de commissions, de 5 salons, de locaux administratifs, agrandissement de la salle à manger (1900 m² – 1000 à 1600 places). Capacité : 14 780 visiteurs Surface : 58 000 m² dont 44 500 m² impactés par les travaux (32 500 restructuration et 12 000 extension) BET : structure et fluides : OTE ingénierie, Illkirch et Serue, Schiltigheim / HQE : Solares Bauen, Strasbourg / acoustique : Müller-BBM, Planegg / scénographie : W. Kottke, Bayreuth / paysagiste : Digitalepaysage, Imbsheim / économiste, pilotage : C2BI, Strasbourg / cuisine : Ecotral, Strasbourg / façades : CEEF, Remiremont Exigence environnementale : PMC3 : BBC RT2005 / PMC1, 2 existant : THPE Concours : 2011. Réalisation : 2013. Livraison : 2016

 

Courtesy Rey-Lucquet et associés (mandataire), Dietrich | Untertrifaller Architectes © Bruno Klomfar

Strasbourg, d’une rive à l’autre

Engagé dès les années 1990, le projet Deux-Rives s’étendant sur 250 ha de l’Ill au Rhin positionne Strasbourg comme ville rhénane et transfrontalière.

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Strasbourg Deux-Rives : périmètre de projet

Insérée dans une géographie puissante, Strasbourg a longtemps contenu son expansion entre les bras de l’Ill, un affluent du Rhin. Du XVe au XIXe siècle, la ville, tout en connaissant un développement démographique marqué, ne s’étend plus et reste corsetée à l’intérieur de ses enceintes militaires. Suite à la défaite française de 1870, le Reich annexant les territoires d’Alsace-Moselle, l’ancienne muraille est abattue. A cette époque, la ville continue son développement autour de son port autonome, jusqu’à devenir le deuxième port fluvial français. Engagé en 1990, le projet Deux-Rives vise la reconquête de zones portuaires devenues obsolètes. Suivant une tendance générale, Strasbourg met à profit ses canaux et bassins et se construit au bord de l’eau, sur un axe ouest/est de 5km, soit 250 hectares en mutation s’étirant des rives de l’Ill au Rhin. De quoi faire du projet urbain Strasbourg Deux Rives l’un des plus grands de France après celui de Paris Rive Gauche. Promenade d’une rive à l’autre …

Le parc du Heyritz

Figé dans ses fonctions de glacis militaire et de zone portuaire, le Heyritz a engagé sa transformation depuis 1990 et poursuit sa métamorphose fin 2011 avec l’aménagement d’un parc de 8,7 ha bordé d’un ensemble immobilier programmé par l’architecte Antony Bechu et la ville de Strasbourg comme aménageur.

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Le parc du Heyritz, perspective aérienne © Antony Bechu

Etoile

Tissant le lien nord/sud entre le centre-ville et les quartiers de Neurdof, la ZAC Etoile est le nœud historique des Deux-Rives, le projet urbain y ayant pris naissance avec la conception du complexe cinématographique de Denis Valode et Jean Pistre en 2000 (face à la presqu’île Malraux) et la Cité de la musique et de la danse d’Henri Gaudin en 2006. A venir, un îlot produisant son énergie de chauffage grâce à des sondes de géothermie intégrées aux pieux de fondation. Dernière phase de la ZAC, LAN livrera d’ici 2018 sur l’îlot Saint Urbain des logements, bureaux, hôtels et commerces, soit sept parallélépipèdes à la géométrie capable d’effacer les différences de typologies.

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Ilot Saint Urbain © LAN

Presqu’île André Malraux

Le bassin d’Austerlitz a peu à peu abandonné ses fonctions portuaires, faisant la part belle à l’actuelle presqu’île André Malraux, anciennement occupée par les Armements Seegmuller, une compagnie d’armateurs navals. Là, les trois principaux bâtiments étaient des entrepôts et silos aux façades de briques rouges soulignées d’une ossature en béton armé blanc, ensemble représentatif des années 30, inscrits dans la mémoire collective des strasbourgeois. La Société d’Aménagement et d’Équipement de la Région de Strasbourg (SERS) souhaitant préserver les traces d’une architecture industrialo-portuaire, les bâtiments désaffectés depuis les années 90-2000 ont été réhabilités laissant place aux équipements culturels et logements. On notera la médiathèque André Malraux, constituée d’un volume opaque blanc et d’un autre habillé de verre, signée Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart, inaugurée en 2008 ; la Maison Universitaire Internationale (MUI) dont seules les façades ont été préservées, par les architectes Weber et Keiling livré en 2015 ; les Dock’s, soit un bâtiment mixte regroupant logements, bureaux, commerces et une fabrique du numérique dite « Shadock », l’agence strasbourgeoise Heintz-Kehr ayant renforcé la structure poteaux-poutres des années 30 ainsi que l’aspect des façades briques, tandis que l’ancienne toiture à pente laisse place à trois niveaux de logements à la signature contemporaine. Autre projet emblématique dont la livraison est prévue d’ici 2017-2018, les trois tours d’habitations Black Swan d’Anne Demians, dont la singularité tient en la double peau métallique noire, contrastant avec le parement de la deuxième façade colorée et réfléchissante en bleu ou rouge.

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Médiathèque André Malraux, Ibos et Vitart © ADEUS
MUI presqu'île andré malaraux strasbourg deux rives
Maison Universitaire Internationale, Weber et Keiling © AL
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Les Dock’s, Heintz-Kehr © AL
Black Swans Anne Demians Strasbourg deux rives presqu'île malraux
Black Swans © Architectes Anne Demians

Eco quartier Danube

Les 6 ha de l’Eco quartier Danube, aménagé par la SERS, comprendront des constructions allant de R+1 à R+15, dont la livraison sera échelonnée jusqu’en 2020. Misant sur une mobilité douce, il ne prévoit pas d’espace pérenne pour la voiture en surface mais des parkings silos déportés.

D’ici fin 2018, sera réalisé par EnlpAa + Kuhn Und Lehmann Architekten un îlot à gestion énergétique intelligente, qui vise à utiliser l’énergie produite sur la parcelle en limitant tant que possible la revente en bloc au réseau d’électricité : autoconsommation électrique sur les équipements communs et effacement (retrait du réseau électrique), une heure par jour à minima grâce au stockage de l’électricité produite. A venir aussi d’ici 2018, la tour de logements à énergie positive Elithis par X-Tu, soit 4600 m2 de logements et 900 m2 d’activités et de commerces.

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Tour à énergie positive Elithis © XTU

ZAC des Deux-Rives

Dernier projet en date (2016), les 74 ha de la ZAC des Deux-Rives, dont la mise en œuvre opérationnelle se fera par la Société Publique Locale (SPL) des Deux-Rives, créée en 2014. La ZAC est subdivisée en 4 grands secteurs : Citadelle, Starlette, Port & Rives du Rhin dont le Plan Guide Territoire est assuré par les agences TER, 51N4E et LIST, mettant à profit la structure existante des bras du Rhin ; le Plan Guide COOP mené par Alexandre Chemetoff, soit 50 000 m2 de bâti à réhabiliter sur 9 ha de terrain, dans un esprit de culture coopérative de la ville.

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ZAC Deux-Rives, perspective aérienne © Agence TER
COOP Chemetoff strasbourg deux rives
COOP, Alexandre Chemetoff © AL
COOP Chemetoff strasbourg deux rives
COOP, Alexandre Chemetoff © AL
starlette TER strasbourg deux rives
Starlette © Agence TER
Îlot bois KOZ strasbourg deux rives
Îlot BOIS © KOZ Architectes

Territoire transfrontalier

Porté par l’Eurométropole de Strasbourg (1er janvier 2015) en partenariat avec la ville de Kehl (Allemagne), l’extension de la ligne D de tramway (2017) vers l’est de l’agglomération jusqu’à Kehl constitue l’épine dorsale du projet transfrontalier des Deux-Rives. Trait d’union entre les deux villes, un troisième pont, en partie ferré pour le tram et en partie piéton, évoque un ricochet sur l’eau selon les mots de son architecte Marc Barani. Un geste dont la portée symbolique est forte mais dont les avantages territoriaux restent à démontrer, Kehl étant bien plus petite que sa voisine avec seulement 35 000 habitants contre 270 000.

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Extension du tram vers Kehl
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Pont sur le Rhin, Marc Barani © PHSChalk

Amélie Luquain

 

Strasbourg Deux-Rives en chiffres

250 hectares ; 1,5 million de m2 construits ; 9 000 logements ; 20 000 habitants supplémentaires ; 8 500 emplois

 

Calendrier à venir

Été 2016 : Finalisation des Plans Guides Territoire (équipe TER + 51N4E + LIST + OTE) et COOP (équipe A. Chemetoff & Associés + GCI).

Automne 2016 : Lancement de la démarche d’activation citoyenne et culturelle du projet urbain. Lancement du projet COOP (pôle culturel et économique). 1ere consultation logements-activités sur la ZAC Deux-Rives.

Printemps 2017 : Mise en service du tramway reliant Strasbourg à la ville de allemande de Kehl. Trois stations desservent le projet.

2017 – 2026 : Consultations d’opérateurs logements – activités sur les différents sites. Développement de 400 à 450 logements par an.

2018 – 2020 : Montée en puissance du projet COOP (travaux, occupations temporaires, évènementiel, activités économiques, ateliers-bureaux, espaces multi-usages…) Inauguration du parc du Rhin, des aménagements paysagers des quais de Citadelle et des premiers bâtiments.

 

Koolhaas encore, Piano… : la revue de presse du 5 juillet 2016

Koolhaas encore, Piano… : la revue de presse du 5 juillet 2016

Koolhaas en politique, Parlement à vendre, le mythe des 500 000 logements, Piano inaugure la fondation Stavros Niarchos à Athènes, Maroc : le cafouillage du MNAST à Rabat.

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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA

 

 

Classe politique

C’est souvent du côté de la jeunesse que l’on s’attend à voir surgir la relève d’une classe politique démonétisée. Peut-être à tort : le Brexit a suscité des vocations pour les affaires publiques, comme chez cet architecte hollandais septuagénaire, commissaire de la biennale d’architecture de Venise en 2014. « Il faut s’engager. Si l’Europe ne se réveille pas, nous aurons un grand problème aux Pays-Bas. Mon pays sera le prochain à s’accommoder des discours populistes, le prochain à demander la sortie de l’Union Européenne. Et je ne veux pas rester passif. Je ne sais pas encore comment, mais j’ai décidé de passer à l’action politique pour éviter ce risque », a déclaré Rem Koolhaas au journal El Pais en marge des conférences du IV congrès international d’architecture organisé par la fondation architecture et société à Pampelune. « J’ai toujours pensé que mon architecture pouvait résoudre plus de problèmes que mon action politique. Le populisme m’a fait changer d’idée ». Rem, bientôt à la tête de la Commission Européenne ?

Via El Pais 

 

A Vendre

Les conséquences de la possible désintégration de l’UE n’ont pas tardées à se faire sentir dans le secteur immobilier, ainsi qu’en témoigne cette annonce : Suite à Brexit, bâtiment d’exception à Strasbourg. Flatteur pour Architecture Studio, concepteur de l’objet de la vente, le Parlement Européen, proposé à 47 millions d’euros. Points forts du bien, sa localisation, bien sûr :  à quelques kilomètres de l’Allemagne et idéalement placé(s) pour l’évasion fiscale du côté suisse.(…) Pour les transports un aérodrome existe/subsiste à 19 km au sud de la ville. Mais étant donné la faible fréquence des vols, aucune nuisance sonore n’est à prévoir de ce côté là.…Les acheteurs potentiels doivent prévoir deux jours de visite, avertissait le vendeur, un agent immobilier facétieux et anonyme se présentant sous le nom de Strasbourgeois, auteur de ce canular posté sur le site Le Bon Coin. Dans la vraie vie, le siège strasbourgeois du Parlement européen est souvent montré du doigt pour sa sous-occupation. A défaut d’une vente, pourquoi pas une location sur Air B’n B ou OfficeGOOD, son équivalent dans le monde du bureau?

via France bleue 

 

Le mythe des 500 000

Pourquoi ne pas prendre le canular au sérieux, et construire dans ce parlement notoirement sous-utilisé une partie des logements dont la France a si cruellement besoin ? On le sait : dans l’hexagone, un million de logements manquent à l’appel, ce qui impliquerait d’en construire 500 000 par an. Le chiffre indique un but qui reste à atteindre année après année, et dans cet attente, ne fait que mettre le doigt sur un retard français de plus. Le constat de la carence est partagé par le gouvernement, les professionnels et les associations : une unanimité rare dans le secteur du bâtiment. Ce chorus devrait peut-être arrêter de chanter à tue-tête « le million, le million », explique la journaliste Catherine Sabbah, qui déconstruit dans Les Echos ce mythe numérique. Elle s’interroge sur le sens de ce chiffre martelé par tous les gouvernements depuis son apparition en 2006 dans un rapport de la fondation Abbé Pierre, lui-même basé sur des statistiques de l’INSEE dénombrant 700 000 personnes « aux portes du logement ». Sur la longue période, le stock de logement a crû plus vite que le nombre de famille, constate la journaliste, qui rappelle que le pays n’a jamais réussi à construire ces quantités de logement qu’au cours de la période la plus productiviste de son histoire, les trente glorieuses, laissant derrière elle un encombrant héritage. « Entre 2005 et 2015, le nombre de logements vides a augmenté de 900 000. Tiens donc, on n’est pas loin du million… Ils sont répartis dans le parc social, dans des villes en déclin ou personne ne veut plus habiter, dans le parc privé, dans des lieux plus attractifs, où contre toute rationalité économique, des propriétaires préfèrent conserver leurs logements vides plutôt que de voir un locataire s’incruster. Ils sortent aussi du marché pour se transformer en résidences de tourisme », détaille Sabbah. Peut-être le début de la fin pour les politiques d’aménagements construites sur des logiques de grands nombres, au mépris des réalités territoriales et sociales ? On peut rêver…

Via Les Echos 

 

Un temple à l’austérité

Ubuesques festivités à Athènes, où l’on vient d’inaugurer en fanfare le Centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos. Occupant un site de 20 hectares utilisé comme parking lors des derniers jeux olympiques, le bâtiment porte la prestigieuse signature de Renzo Piano. Il a été ouvert ce weekend à grands renforts de concerts et feu d’artifice, relate Oliver Wainwright sur place pour The Guardian. Sauf qu’il n’est pas ouvert, et qu’aucune date d’ouverture n’est annoncée, poursuit le critique d’architecture, les étagères de la bibliothèque, calibrés pour deux millions de livres, restent vides, les portes du parc restent fermées… La fondation de l’armateur Stavros Niarchos a fait le cadeau – empoisonné – du bâtiment à l’Etat grec, contraint à des politiques d’austérité qui lui interdise de faire tourner cette machine culturelle réclamant au bas mot 900 employés pour fonctionner correctement. Echoué au milieu de son grand parc, le projet à 566 millions d’euros ressemble pour l’instant à la ville porte-avion du photomontage réalisé en 1966 par Hans Hollein, vaisseau fantôme sillonnant la campagne autrichienne…Mais doté du label LEED Platinum ! « Construire un bon bâtiment est un acte civique majeur », a expliqué Piano lors des cérémonies d’ouverture. « Dans des moments difficiles comme celui-ci, on a besoin d’espoir ». L’espoir que ça ouvre, au moins : la fondation se rajoute à la longue liste des équipements livrés mais jamais utilisés, fruits dispendieux et manifestement inutiles construits lors de la bulle immobilière dégonflée par la crise de 2008.

via The Guardian 

 

Musée où t’es?

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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA
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Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST) à Rabat par Archi5/OKA

Ca cafouille pas mal à Rabat, nous apprend l’édition marocaine du Huffington Post, autour du projet du futur Musée national d’archéologie et des sciences de la terre (MNAST). Sa construction devait être confiée à une équipe franco-marocaine associant Archi5 et Omar Kobbité architecte (OKA), déclarée lauréate du concours international le 26 aout 2010, remportant une consultation à laquelle participait les équipes de Nouvel, Hadid ou encore Gregotti. Mais depuis six ans, plus rien. Le projet a été déplacé, passant de l’ancienne résidence de Lyautey à la vallée de Bouregreg. Pire encore, le MNAST a fait depuis l’objet de nouveaux concours. La candidature des lauréats de 2010 à l’une de ces consultations a été rejetée pour vice de forme.

Différents courriers aux ministres et ambassadeurs n’ont pas débloqué la situation. L’Ordre des architectes de la région Rabat-Salé a aussi essayé d’en savoir plus sur les raisons du déménagement, qui seraient « politiques », sans que l’on en sache plus. Il n’est pas normal qu’on ait recours à des architectes qui mobilisent des moyens très importants pour leur dire que c’est annulé par la suite, s’insurge Mnebhi Loudiyi, président de l’Ordre régional, évoquant plusieurs faillites consécutives à ces annulations. Sauf que dans le cas du MNAST, le projet n’a jamais été annulé, ce qui interdit aux lauréats de percevoir une indemnité ou un quelconque dédommagement. Pour Loudiyi, ces cafouillages en série ne sont pas un cas isolé. Ils viennent des lacunes du décret réglant la passation des marchés publics marocains. En attendant qu’elles soient comblées, il demande à tous les architectes de cesser de participer aux concours ! Trop tard pour le énième concours du MNAST, lancé en mars 2016, mais un conseil à suivre pour tous ceux tentés par les concours de maîtrise d’ouvrage publique dans le royaume chérifien.

via HuffPost Maroc 

Olivier Namias

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Le Palais de Justice de Strasbourg en chantier

Construit entre 1894 et 1897, le Palais de Justice de Strasbourg, siège du Tribunal de Grande Instance, se voit remis au gout du jour par l’agence espagnol Garcès De Seta Bonet Arquitectes.

Conserver et s’affirmer

En plein cœur du centre ville de Strasbourg ont débuté courant juin 2014 les travaux de rénovation du Palais de justice. Datant du 19ème siècle dans un style impérial allemand, il ne répond plus aux besoins fonctionnels actuels et nécessite une remise aux normes. L’Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice, mandatée pour l’occasion, en a confié le dessin architectural au cabinet barcelonais Garcès De Seta Bonet Arquitectes.

Leur parti pris fut de concilier architecture originelle et contemporaine. Pour ce faire, ils ont supprimé le faux semblant de la surélévation de 1978 remplacée par un chapeau contemporain en recul de 2 m. Au pied du bâtiment ne se lit que la façade historique tandis qu’en s’éloignant on peut apprécier le contraste architectural.

Le chantier en cours comprend trois phases : une première a consisté à identifier, protéger et restaurer les éléments inscrits à l’inventaire du patrimoine historique – notamment la salle des Pas Perdus et les façades – avant d’engager une réhabilitation lourde sur 12300 m², suivie de 6024 m² de construction neuve dans la cour centrale.

Palais de Justice

Une rénovation remarquable

Dans le respect de l’Histoire, le portique d’entrée entièrement rénové conserve (selon la volonté de la DRAC) les cicatrices de la guerre. Derrière l’immense hall d’accueil, la salle des Pas Perdus est d’autant plus majestueuse qu’elle baigne sous la lumière naturelle du patio central qui lui est accolé.

Palais de Justice

Le bâtiment attenant qui autrefois l’obscurcissait et maintenait dans l’ombre ses attributs est aujourd’hui démoli. 6 tirants de 20 m de long et 8 poteaux de contreforts provisoires de 18 m de haut reprennent les poussés des arcs boutants (5 à 8 T par tirants), en attendant les deux cages d’ascenseurs combinées à des contreforts permanents. En toiture, les actuels vitrages facettés de la voûte en berceau amenant la lumière zénithale seront rénovés et reste surmontés d’une verrière pyramidale.

Palais de Justice

Dans la salle des Pas Perdus où tous les usagers se côtoyaient, les flux seront redistribués. Les détenus accèderont à la salle d’audience par le sous-sol à 4,5 m en dessous du plancher d’origine, ce qui a nécessité une reprise en sous-œuvre. Les magistrats, juges et avocats emprunteront quatre escaliers disposés aux coins du bâtiment, requérant l’évidemment des planchers. Le public empruntera les ascenseurs panoramiques et coursives intérieurs ceinturant le patio. Donnant accès aux salles d’audience du premier et second niveau n’ayant sollicité que des travaux mineurs, les circulations desserviront aussi les nouvelles salles qui se tiennent en lieu et place de l’ancienne cour.

Palais de Justice

Tel une vague, quatre puits de lumière de forme coniques les éclaireront zénithalement. Culminant à 13 m, la partie centrale de la charpente métallique sera montée courant juillet / août. Actuellement, l’entreprise BCM a livré l’aile Ouest en avril, termine l’aile Est dont le faitage respecte avec bienveillance l’église Saint-Pierre-Le-Jeune et prévoit la livraison de l’aile Nord fin juin, d’une hauteur de 8 m au faitage le plus haut. Demandant 1000 heures d’études dues à la complexité des arêtiers et aux nombreux pans inclinés, elle constitue un véritable travail d’orfèvrerie où le jeu de répétition des montants d’acier magnifie l’espace. Pré-montée au sol, cette charpente supportera la nouvelle toiture revêtue d’inox destinée à accueillir au troisième étage les bureaux, et sur l’emprise moindre du quatrième la bibliothèque, l’espace de restauration et de détente.

Palais de Justice

A grand chantier, échelle humaine

Ce chantier est un véritable défi pour les 4 entreprises (Spie batignolles est, Eiffage Construction Alsace, Eiffage Energie et Clemessy) qui travaillent main dans la main. Dans ce milieu urbain dense, les habitants ont déjà subi 3 ans de travaux. Une politique de transparence et de communication a été mise en place très en amont du projet avec les riverains et élus. Dans les faits, en plus des séances plénières participatives et de la charte de faible nuisance, une responsable Qualité Sécurité Environnement est présente quotidiennement sur le chantier, un site internet recueille avis et plaintes tout en informant, un organigramme du bruit est affiché… Quant à l’emprise des installations de chantiers, elle ne représente que 1800m² et bouleverse à minima les alentours. La grue occupe le futur patio végétalisé, les circulations sont préservées, les travailleurs ont troqué leur traditionnel Algeco pour un immeuble voisin. En quelques chiffres, ce chantier requiert 40 000 heures de main d’œuvre, 120 personnes en phase Tous Corps d’Etat et 34 millions d’euros TTC. Si actuellement les usagers occupent un palais provisoire de 5000 m² sur le parvis, ils pourront retrouver leurs locaux en 2017.palais de justice

Amélie Luquain

CourtesyAPIJ©jm.bannwarth
CourtesyAPIJ©BCM