Tadao Andō, la lumière, et le béton…

 

Tadao Andō est un architecte autodidacte japonais, qui fait aujourd’hui partie de ce que l’on appelle les « starchitectes ». Connu mondialement pour ses réalisations en béton, il désigne la lumière comme la matière première de l’architecte. Primé à de nombreuses reprises, son travail de la matérialité et de l’espace est un incontournable du monde de l’architecture !

 

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Un parcours d’autodidacte

Né en 1941 à Osaka au Japon, Tadao Andō grandit aux côtés de sa grand-mère. Durant son enfance, il côtoie régulièrement les petits artisans locaux de son village : verrier, menuisier, ferronnier… C’est là que commence sa formation : il est constamment en contact avec différents matériaux. Il dévore également les livres, à travers lesquels il développe sa sensibilité pour l’architecture et acquiert des connaissances. Il y découvre l’oeuvre de Le Corbusier, qu’il souhaite rencontrer. Malheureusement, il apprend sa mort une fois arrivé en France, après un voyage à travers l’Asie et l’Europe. Il profite tout de même de sa visite européenne pour découvrir son oeuvre architecturale. Comme Le Corbusier, Tadao Andō voyagera beaucoup. Durant 7 ans, il traverse les continents, et analyse ce qu’il voit. Inspiré, il rentre au Japon en 1969, et décide de créer son agence d’architecture. Depuis, il est devenu un architecte mondialement connu et récompensé par de nombreux prix, notamment le Pritzker Price qu’il reçoit en 1995.

 

Le contexte urbain dans lequel il grandit est complexe : les grandes villes japonaises telles qu’Osaka sont des zones de tension, laissant peu de place au silence. C’est pourquoi il dirige son travail d’architecture vers des espaces intérieurs calmes, propices à la sérénité et au repos. Il préfère créer des lieux silencieux.

 

Parmi ses plus grandes réalisations, on retrouve en premier lieu l’église de la lumière, à Ibaraki, au Japon. Réalisée en 1989, la simplicité apparente de l’espace dissimule un travail minutieux et un traitement de la lumière magnifiée. Les matériaux sont laissés bruts, pour mettre en valeur le mur du fond, dans lequel l’architecte dessine deux ouvertures, horizontales et verticales, formant une croix.

 

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Credit photo : Nobuyoshi Araki

 

 

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Maison Koshino
Tadao Ando – 1984

 

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Musée Préfectoral d’art d’Hyogo
Tadao Ando – 2002

 

Le béton comme matériau de prédilection

D’autres réalisations de l’architecte japonais sont marquantes par le silence qui s’instaure naturellement dans ces lieux bétonnés. La maison Koshino s’installe dans un terrain en pente, et propose des entrées de lumières remarquables. Les formes qu’utilise Tadao Andō sont simples, et permettent une lecture efficace de l’espace : carré, cercle, rectangle. Le béton est le matériau qu’il préfère, et qu’il manie avec brio ! Il utilise le plus souvent un béton banché, dont les trous de banches sont restés apparents, créant un rythme sur les longues surfaces brutes.

Dernièrement, Tadao Andō travaille sur le projet de la Fondation Pinault à la Bourse du Commerce à Paris, concours qu’il a remporté en 2017. Il s’agira de présenter la collection d’art contemporain de François Pinault, grand collectionneur. Un projet dont l’élément phare est la création d’un cylindre de béton au sein même de l’espace de la rotonde et sa coupole classique. Le projet devrait voir le jour en 2019.

 

Anne Vanrapenbusch

Tadao Ando s’approche du ventre de Paris

Tadao Ando s’approche du ventre de Paris

Cette fois, c’est la bonne : Tadao Ando va enfin réaliser l’antenne parisienne de la collection Pinault, après une première tentative d’implantation avortée à la pointe ouest de l’île Seguin en 2005. C’est un lieu beaucoup plus central, l’ancienne bourse du commerce, qui accueillera fin 2018 un musée dont le contenu exact reste à préciser. Quoi qu’il s’y passe, il faudra tenir un demi-siècle : la Ville de Paris a en effet concédé à Pinault un bail emphytéotique de 50 ans. Aillagon, ancien ministre de la Culture et aujourd’hui conseiller du milliardaire collectionneur, a surpris en annonçant que François Pinault n’avait pas souhaité donner à ce futur musée la forme juridique de la fondation, renonçant du même coup aux allégements fiscaux afférents – une pierre jetée dans le jardin d’acclimatation de qui vous savez. Un bel allégement des charges locatives devrait compenser ce sacrifice. Le loyer fixé par la Ville atteint les 7,5 millions d’euros les deux premières années, et descend ensuite à 60 000 euros annuels sur le reste du bail, avec une part variable annexée sur les bénéfices commerciaux générés par l’activité muséale. Si l’on postule — mais ce n’est qu’une hypothèse — que les deux premiers loyers reflètent le prix réel de la location, l’allègement de loyer s’élèverait à 357 millions, plus de trois fois le prix des travaux d’aménagement du musée pour l’instant estimés à 108 millions d’euros. Un beau cadeau, auquel s’ajoutent les 21 millions déboursés par la Ville pour obtenir le déménagement de l’ancien occupant et propriétaire des lieux, la chambre du commerce et de l’industrie. Reste une Anne Hidalgo « fière & heureuse » d’avoir un tel mécène, et de doter le centre de la capitale d’un nouveau lieu qui va renforcer cette attractivité dont la mairie semble toujours avoir peur de manquer. La collection Pinault sera au centre d’un «cluster» des arts, entre le centre Georges Pompidou et le Louvre, au pied d’un jardin dont la maire de Paris affirme qu’il fera date.
François Pinault et Tadao Ando. Crédit : © Fred Marigaux 2016. Courtesy Collection Pinault – Paris.
Image de synthèse; le promenoir et l’oculus, au sommet du cylindre. Crédit : © Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ; NeM / Niney & Marca Architectes ; Agence Pierre-Antoine Gatier. Courtesy Collection Pinault – Paris.

Le musée Pinault, ainsi qu’on le nommera avant que son nom définitif ne soit communiqué, sera la deuxième œuvre d’Ando à Paris. En 1995, Ando avait réalisé dans les jardins de l’UNESCO un espace de méditation de forme cylindrique. À la Bourse du commerce, il revient avec… un cylindre, bien sûr, mais il faut admettre que le bâtiment circulaire dessiné par Le Camus de Mézières (1763-1766), couvert par Belanger et Brunet (1806-1813), revu par Blondel (1885-1889) se prête naturellement aux formes simples prisées par le Pritzker d’Osaka. De plus, le cercle est une figure jamais tentée pour un musée, rappelle Ando, utilisant un argument semblable à celui utilisé par Henri Ciriani pour vanter le parti original de son musée de l’Arles Antique dans les années 90. En plan, une série de cercles concentriques avec au centre un volume dont les parois imitent le béton massif, mais sont en fait réalisés dans une structure acier recouverte de parements béton de 14 cm sur ces deux faces. L’ouvrage descendra jusqu’au premier sous-sol et sera réversible. Intervenant dans un bâtiment à caractère historique, Ando doit tenir compte de l’existant et travaille avec Antoine Gatier à la conservation des éléments existants plus ou moins précieux, à commencer par un dallage de sol en terrazzo que tout un chacun jugerait banal, mais qui est en fait le premier du genre réalisé suivant des procédés industriels par une entreprise de Normandie au milieu du XVIIIe siècle, et contient des marbres rouges des Pyrénées. Le point le plus délicat reste la restauration de la coupole métallique façonnée au début du XIXe siècle par la manufacture du Creusot, alors plus familière de la fonte de pièces d’artillerie. La mésentente entre Bélanger, l’architecte, et Rondelet, l’inspecteur, entraîna des retards qui finirent par contrarier Napoleon Ier. Son ministre de l’intérieur menaça de suspendre les paiements de toutes les personnes rattachées au chantier, architecte compris. L’historien Mark Deming a retrouvé la réponse de Bélanger « Je n’ai plus qu’un seul parti à prendre si l’on persiste à m’invalider : c’est de demander ma pension, ou de vendre à la porte de la Halle les détails de la coupole, assis comme Diogène dans un tonneau et disant aux passants « Ayez pitié d’un architecte qui a été honorablement ruiné ». François Pinault ayant affirmé qu’il voulait aller vite, et Aillagon donnant raison à cet esprit de diligence, il est peu probable que l’on retrouve le Pritzker 1995 tendant sa sébile devant la porte de la Bourse. Rendez-vous début 2019 donc, pour voir le nouveau visage de la Halle aux grains, décor inoubliable du film « touche pas à la femme blanche » auquel on souhaite des situations aussi jubilatoires que celles imaginés par Marco Ferreri en 1974.

Olivier Namias

 

Coupe est-ouest Crédit : © Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ; NeM / Niney & Marca Architectes ; Agence Pierre-Antoine Gatier. Courtesy Collection Pinault – Paris.
Image de synthèse; salle d’exposition en double hauteur avec éclairage zénithal, murs ouverts ou fermés. Crédit : © Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ; NeM / Niney & Marca Architectes ; Agence Pierre-Antoine Gatier. Courtesy Collection Pinault – Paris.

 

Intervenants

Maîtrise d’oeuvre :
Tadao Ando architect and associates
Pierre-Antoine Gatier
Niney/Marca architectes
Setec Batiment

Entreprise générale :
Bouygues construction

 

Président-Promoteur, président bâtisseur? … la revue de presse du 15/11/2016

Président-Promoteur, président bâtisseur? … la revue de presse du 15/11/2016

Président-Promoteur, président bâtisseur? Tourisme, élections US, raser Versailles, Foster vs. Heathrow, Georges Lucas désiré à L.A., Tadao Ando bientôt détruit à Manchester, Venexodus – Venise sans Vénitiens.

 

Président

En élisant Trump, les Américains ouvrent les portes de la Maison Blanche au premier président promoteur de l’histoire des USA. En tant que bâtisseur, Trump n’était pas connu pour entretenir des relations sereines avec nombres d’architectes et autres personnalités du secteur. L’Huffington Post s’est replongé dans les archives de la presse à la recherche de documents relatant les rapports houleux de Donald avec les critiques d’architecture. En 1984, il réclama 500 millions de dollars de dommages et intérêts à Paul Gapp, du Chicago Tribune, auteur d’un commentaire négatif sur le projet de plus haute tour du monde, finalement jamais construit. «Un des trucs les plus débiles que quiconque puisse infliger à New York ou à toute autre ville». Il pensait à Washington?

Via The Huffington Post 

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Photo : SPENCER PLATT VIA GETTY IMAGES New York’s Trump Tower in 2015. Via The Huffington Post

 

Empirant

Bien qu’une de ses toutes premières annonces concerne la construction d’infrastructures – pour plus d’un milliard de dollars, sans parler du mur à la frontière sud – Donald reste pour les architectes un vilain petit canard. Plusieurs ont exprimé leur choc (Dan Ringelstein, SOM), songé à partir (Jason Rosenblatt, NELSON) d’autres s’inquiètent de l’image de Trump pour tout ce qui porte l’estampille «Américain» (John Ronan), quand ils n’ont pas l’impression de se réveiller avec la gueule de bois. Sa carrière de magnat de l’immobilier ne contribue pas à le sauver : «Avant que Donald Trump ne se fasse un nom comme marchand de steaks, fournisseur d’insultes, poupon pour affiche publicitaire d’autobronzant, et un candidat à la présidence (soupir), il était un magnat de l’immobilier. Mais pas de ceux que l’on range dans la catégorie respectable. L’Organisation Trump a laissé dans son sillage mauvaises affaires et bâtiments banals». Ennemi du patrimoine, fan de laurier et des choucroutes ornementales, promoteur de la discrimination raciale, trafiquant des chiffres, Trump aura fait empirer les villes et les architectures qu’il a touchées, affirme le site Fast co Design. Son éloignement du monde de l’immobilier est peut-être la vraie bonne nouvelle de son élection.

Via Architects Journal et Fast Co.Design

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Photo : ablokhin/iStock via Fast Co.Design

 

Errant

C’est à Chicago que Georges Lucas voulait implanter son musée des Arts Narratifs, ou LMNA (Lucas Museum for Narrative Arts, CREE 378). Découragé par les recours des riverains, il avait délaissé les bords du lac Michigan pour les rivages du Pacifique, voyant dans la Treasure Island de San Francisco un site susceptible d’accueillir son projet. Mais voilà qu’une autre ville californienne lui fait les yeux doux : « Nous envoyons un message très clair à San Francisco : Los Angeles a déroulé le tapis rouge devant la famille Lucas et l’attend à bras ouverts », a déclaré un élu local. Plusieurs de ses amis d’Hollywood espèrent parvenir à l’attirer jusqu’à LA, où le bâtiment redessiné par MAD architects pourrait compléter une sorte de cluster muséal dédié au cinéma. Directeur général de Dreamworks, Jeffrey Katzenberg met une grosse pression sur Frisco et sur Los Angeles : «notre job consiste désormais à nous assurer que la ville de Los Angeles, et les membres du conseil municipal ici présent, tendent la main à Lucas et lui fassent un grand câlin d’ours. Et lui disent que nous le voulons, que nous l’aimons, et que nous ferons tout ce qu’il faut pour l’avoir ici». Le pape de la SF aura-t-il à coeur de laisser SF ? Le musée va-t-il continuer son errance à travers les USA ? Et surtout, l’agence MAD va-t-elle redessiner une troisième fois son projet ? La saga continue.

Via The LA Times

 

Croulant

Réaction en chaîne à Rome : la nouvelle municipalité bloque les financements de la ligne C du métro, stoppant net chantier déjà ralenti par les recours des riverains et les découvertes archéologiques faites lors des premières excavations. Un phénomène qu’évoquait Fellini dans son film «Roma», sans se douter que l’arrêt des travaux pourrait provoquer l’effondrement du Colisée. Le financement des travaux de consolidation du monument mal en point est en effet lié à ceux du métro, et passait par la société chargée de superviser le projet d’infrastructure, que la maire vient de dissoudre. « En liquidant Roma Metropolitana, la maire de Rome nous prive d’interlocuteur et donc des financements nécessaires à la consolidation urgente du Colisée », a expliqué à l’AFP un porte-parole des biens culturels, administration qui menace de stopper les travaux de forages qui s’approchent maintenant du monument.

Via Les Échos

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Photo : Le Colisée voit le financement de ses travaux de consolidation bloqué à cause de l’arrêt des travaux de la nouvelle ligne de métro. – SIPA Via Les Echos

 

Grouillant

Autre destination du tourisme de masse, Venise, dont les derniers habitants refusent un destin à la Pompéi, c’est-à-dire «une ville que les gens viennent visiter, dont ils disent qu’elle est magnifique, mais où personne ne vit» rapporte l’AFP et L’Obs. La Cité des Doges compte 1 Vénitien pour 400 touristes. Sa population actuelle s’élève à 55 000 habitants. 1000 quittent chaque année la Serenissima, à cause des problèmes de logement, et d’une activité monoindustrielle qui ne propose pas d’emploi en dehors du secteur touristique. À l’initiative de Venessia.com, un cortège de protestation a défilé valise à la main, mimant le départ de ses derniers résidents. L’association «avait déjà organisé en 2009 une manifestation coup-de-poing baptisée les « funérailles de Venise », puis dénoncé l’année suivante la transformation de Venise en « Venisland », sorte de parc d’attraction à l’image de Disneyland. Depuis, d’après les habitants, la situation s’est encore détériorée et il est de plus en plus difficile de cohabiter avec les touristes, au nombre de 20 millions l’an passé». Faute d’aménagements en faveur des résidents, adviendra bientôt un Venexodus que la barrière Moïse, conçue pour sauver la ville des eaux, sera bien incapable d’endiguer.

Via L’Obs

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Photo : MARCO BERTORELLO / AFP via L’Obs

 

Fantasmant

Vide Venise, mais vide aussi la rue de Calais à Noailles, dans l’Oise, où le spectacle des volets fermés de 15 maisons récemment achevées offre une atmosphère de ville fantôme au bord de la D1001. Le bailleur social refuse d’acheter les logements au promoteur qui les lui a construits. « Parmi les griefs retenus, la SA HLM reproche au promoteur, SCICV Point du Jour, d’avoir réalisé les maisons sans vide sanitaire alors que le bailleur l’avait acheté avec cette méthode de construction. Il y a aussi une « inversion entre les fenêtres et portes-fenêtres ». De son côté, le promoteur avoue être « dans l’incompréhension totale » et réfute les accusations. Pour lui, « la SA HLM a suivi et payé les travaux au fur et à mesure. En mai, il y a eu une visite de preréception. Des remarques minimes nous ont été faites. Nous les avons corrigées ». Le gérant, qui a souhaité garder l’anonymat, explique avoir essayé à plusieurs reprises de dialoguer avec le bailleur social. Sans succès.»

Via Le Parisien

 

Rasant

Jean-Michel Apathie ne s’embarrasse pas du patrimoine, quelle que soit sa valeur. Sur le plateau d’On va plus loin, diffusé par la chaîne Public Sénat, le journaliste a affirmé que lui président, il raserait le château de Versailles, « L’esprit politique français est fabriqué par le souvenir de Louis XIV, de Napoléon et du Général de Gaulle. Quand on fait de la politique en France, madame, c’est pour renverser le monde. Eh bien ça ça n’entraîne que des déceptions. Moi si un jour je suis élu président de la République, savez-vous quelle est la première mesure que je prendrais ? Je raserais le château de Versailles. Ce serait ma mesure numéro un pour que nous n’allions pas là-bas en pèlerinage cultiver la grandeur de la France, devenons réalistes ! ». «Le complexe d’un chauve?», s’interroge le député maire de Versailles via Twitter. Qu’Apathie aille donc mettre une perruque poudrée s’il veut parler avec les nés coiffés !

Via Le Figaro 

 

 

Pansement

«J’accepte qu’il y ait une troisième piste. C’est une solution pansement. C’est court-termiste. Ce n’est pas une réflexion à la hauteur des enjeux de transports». Norman Foster critique l’ajout d’une nouvelle piste à l’aéroport d’Heathrow, une solution qu’il juge peu «durable». Le Pritzker préférerait voir un nouvel aéroport construit plus à l’est, à l’image de la stratégie suivie à Hong Kong, et éventuellement à l’image de l’aéroport qu’il projetait en 2011 au bord de l’Estuaire de la Tamise. La commission des aéroports avait jugé le projet trop onéreux. Déjà échaudé par le Brexit, l’architecte va finir par s’envoler vers des cieux plus cléments et rechercher des interlocuteurs ouverts à ses propositions. Sir Norman des Landes, ça sonne bien aussi.

Via The Architects Journal 

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Photo : Foster + Partners’ Thames Estuary airport via Architects Journal

 

Cassant

Seule oeuvre de Tadao Ando au Royaume-Uni, le pavillon des Piccadilly Gardens de Manchester est sur le point d’être détruit 14 ans à peine après sa livraison, pour faire place à des restaurants et cafés dessinés par Urban Edge architecture. Les nouveaux bâtiments s’inscrivent dans un schéma de réaménagement du parc, un projet à 10 millions de livres sterling. Il faut dire que le béton andoesque ne faisait pas l’unanimité : comparé au mur de Berlin, il a été désigné comme l’une des pires attractions touristiques de la ville par le site Trip Advisor. Ando aurait même envisagé d’un œil favorable le recouvrement des parois béton de son bâtiment par un dispositif de végétalisation. Les mots ne sont pas tendres à l’égard de l’ouvrage «comme beaucoup de starchitecture», elle évoque Naomi Campbell : plus agréable à voir sur le papier glacé des magazines que de vivre avec», a affirmé avec raffinement l’ancien directeur d’un groupe immobilier. Un Ando-Bashing facile « les politiciens hier à l’origine de cet aménagement sont les même qui s’en lavent les mains aujourd’hui», proteste Eddy Rhead, membre de la Manchester Modernist Society. «Ils ont cédé à une minorité vociférante aiguillonnée par la presse locale, et un espace public potentiellement de classe mondiale qui a « échoué » en raison de sa mauvaise gestion par le conseil municipal en sort encore plus déconsidéré. La perte du pavillon Ando est une victoire pour les anti-esthètes. Mais l’aspect le plus inquiétant est la perte supplémentaire d’espace public au profit d’un développement commercial» proposant un aménagement que Rhead estime banal et mercantile.

Via The Architects Journal 

 

Olivier Namias